L’éditeur actuel du journal communautaire <em>Your Community Voice</em>, Patrick Uguccioni
L’éditeur actuel du journal communautaire <em>Your Community Voice</em>, Patrick Uguccioni

Le journaliste Patrick Uguccioni officiellement candidat à l'élection partielle dans Cumberland

L’éditeur actuel du journal communautaire Your Community Voice qui couvre l’ouest d’Ottawa, Patrick Uguccioni, est officiellement candidat à l’élection partielle dans le quartier Cumberland, deux rôles qu’il compte occuper simultanément jusqu’au week-end de la fête du Travail.

«D’ici là, je ne vais pas couvrir l’hôtel de ville, promet M. Uguccioni. Je ne suis pas un homme riche, je ne peux me permettre d’arrêter de travailler pendant trois mois.»

«Fred Sherman était l’éditeur du Orleans Star et il a été candidat dans quatre élections. Je ne vois vraiment pas de conflit d’intérêts dans ma situation», ajoute le journaliste et candidat.

La période de mise en candidature pour l’élection partielle s’est ouverte le 15 juillet dernier et le scrutin se tiendra le 5 octobre prochain.

«C’est la situation typique d’un conflit d’intérêts non monétaire», indique le professeur du département de communication de l’Université d’Ottawa et expert en éthique du journalisme, Marc-François Bernier.


« Ce n’est pas une bonne idée pour améliorer la crédibilité que les gens accordent aux médias. »
Marc-François Bernier

Ce dernier estime qu’il faut éviter autant que possible de combiner ces deux fonctions et que s’il est nécessaire de le faire, il recommande de faire preuve d’une grande transparence en ajoutant une note à la fin de chacun des reportages de ce journaliste pour informer les lecteurs de son double statut.

«Il faut savoir se retirer dans certains cas, affirme M. Bernier. Vraiment, c’est le journaliste qui s’est mis lui-même dans cette situation.»

«L’apparence de conflit d’intérêts est aussi dommageable que le conflit réel. L’impression que ça laisse chez les lecteurs, c’est ce qui compte au fond, ajoute l’expert en éthique du journalisme. Il y a déjà beaucoup de méfiance à l’endroit des journalistes. Ce n’est pas une bonne idée pour améliorer la crédibilité que les gens accordent aux médias.»

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Après avoir travaillé en communications pour la Ville d’Ottawa et dans le bureau d’un député provincial, Patrick Uguccioni indique que se lancer en politique était la prochaine étape naturelle pour lui.

Plusieurs enjeux à la Ville d’Ottawa le préoccupent, mais il affirme que ce qui l’a vraiment décidé à faire le saut, c’est le décès d’un jeune cycliste l’été dernier sur le boulevard Jeanne d’Arc, à 30 secondes de chez lui.

«Quand c’est arrivé, l’hôtel de ville a fait comme d’habitude et a agi comme si c’est important pendant un instant puis est rapidement passé à autre chose, affirme M. Uguccioni. On a besoin d’une voix forte au conseil qui va s’assurer de ne jamais laisser cet enjeu mourir.»

Le candidat affirme qu’il compte s’inspirer du travail du dernier conseiller de Cumberland, Stephen Blais, dont il appréciait le travail, y compris lorsqu’il est question du français. Bien que son épouse soit francophone et que ses enfants soient inscrits dans des écoles françaises, Patrick Uguccioni admet qu’il n’est pas bilingue, mais compte profiter des cours de français à sa disposition lorsqu’il sera élu.

«Dans cette ville, c’est un fait établi: nous sommes bilingues. Il s’agit de la capitale fédérale et nous nous devons de montrer l’exemple», soutient M. Uguccioni.