Selon les données obtenues par Le Droit, 88 adultes et 88 enfants ont décidé d'apprendre le français sur les quelque 2500 réfugiés syriens qui ont choisi Ottawa comme terre d'accueil.

Le français populaire chez les réfugiés

Près de 7 % des réfugiés syriens arrivés à Ottawa depuis l'an dernier ont opté pour l'école de langue française. Une tendance prometteuse qui pourrait stimuler l'ensemble de la province afin de hausser le seuil d'immigration francophone, selon le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).
« Ce sont des données fantastiques, se réjouit Carol Jolin, président de l'AFO. [...] Maintenant, si on peut étendre ce chiffre-là à l'échelle de la province ça serait sûrement encourageant. »
Selon les données obtenues par Le Droit, 88 adultes et 88 enfants ont décidé d'apprendre le français sur les quelque 2500 réfugiés syriens qui ont choisi Ottawa comme terre d'accueil. Le choix d'apprendre le français s'explique par « la qualité du système scolaire francophone qu'on a », croit M. Jolin. 
L'Ontario s'était donné un objectif de 5 % pour l'immigration francophone en 2012. Le taux actuel est de moins de 2 % à la grandeur de la province.
Le gouvernement provincial finance des cours de langue gratuits pour tous les nouveaux arrivants et immigrants afin de les aider à trouver un emploi, à poursuivre des études et à s'adapter à leur nouveau milieu de vie.
Le choix de la langue revient à chaque individu. Les personnes intéressées à participer au programme doivent compléter une évaluation linguistique et sont dirigées à l'endroit de formation le plus proche et le mieux approprié à leurs besoins.
L'AFO doit publier son Livre blanc pour favoriser l'immigration francophone à la mi-mars. Selon M. Jolin, les gouvernements fédéral et provincial doivent travailler ensemble afin de synchroniser les services offerts. Bien que les données concernant les réfugiés syriens à Ottawa soient encourageantes, les efforts afin de stimuler l'immigration francophone en Ontario restent une priorité.
La récente adhésion de l'Ontario au sein de l'Organisation internationale de la francophonie - à titre d'observateur - offre une visibilité unique à la communauté de langue française afin d'attirer des immigrants, soutient M. Jolin.
« Quand on regarde les chiffres à l'échelle de la province, on était à 1,9 % en 2015, on constate qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour atteindre la cible de 5 %. C'est dans ce sens-là qu'on va de l'avant avec le Livre blanc pour avoir un véritable portrait de ce qui se passe en province et du travail qui est fait pour atteindre cette cible-là », explique M. Jolin.
Les groupes d'accueil qui parrainent les réfugiés doivent informer les nouveaux arrivants de l'existence des programmes et des écoles de langue française.
Les questions entourant la promotion des services en français, l'accueil et l'employabilité dans la langue de Molière doivent être mis de l'avant, croit le président de l'AFO. 
« Il faut être capable de donner de meilleures ressources aux organismes pour travailler au niveau de l'accueil, soutient M. Jolin. Mais l'accueil c'est seulement un morceau du casse-tête. Il y a aussi toute la question du suivi une fois qu'ils sont arrivés ici et ensuite la question de l'employabilité. S'il y a une possibilité de faciliter l'accès au marché du travail, ça facilite grandement l'intégration. Des sous doivent être mis au niveau des organismes qui accueillent les réfugiés pour avoir plus de personnel qui travaille au niveau francophone, il n'y a pas de doute sur ce point-là. »