Le casse-tête des feux jaunes

Combien de temps dure un feu de circulation jaune? Ça dépend.
En Ontario, c'est aux municipalités que revient la tâche de calculer la durée d'un feu jaune à une intersection.
«Le Code de la route ne prévoit pas le chronométrage des feux de signalisation pour les municipalités. La durée de chaque signal de circulation est déterminée en fonction d'un certain nombre de facteurs d'ingénierie», explique Ajay Woozageer, porte-parole au ministère des Transports de l'Ontario (MTO).
La province offre toutefois certaines normes de base dans son Manuel de la circulation de l'Ontario (MCO), un guide qui permet d'assurer une certaine uniformité sur les routes de la province, telles les dimensions des feux de circulation entre autres.
Ainsi, le laps de temps «acceptable» pour un feu jaune est fixé à trois secondes.
«Les municipalités sont responsables de la circulation sur leurs routes et ne sont pas tenues de suivre les politiques énoncées dans le MCO, signale cependant M. Woozageer. Elles ont le pouvoir d'établir leurs propres politiques et déterminer les paramètres de synchronisation des feux de circulation qu'elles jugent les mieux adaptés à leur environnement local.
C'est le cas dans l'Est ontarien, informe Marc Clermont, directeur des travaux publics aux Comtés unis de Prescott-Russell, notamment en milieu rural où des camions lourds circulent abondamment.
«À certains endroits, le feu jaune peut durer sept ou huit secondes pour laisser le temps aux camions lourds de s'immobiliser. Il y a justement des capteurs qui permettent de les détecter», indique-t-il.
À Ottawa, la durée d'un feu jaune est déterminée par une équation cinétique, indique Chris Brinkmann, directeur du contrôle de la circulation. Tout dépendant de la vitesse permise, un feu jaune peut durer 3,3 secondes (50km/h), 3,7 secondes (60km/h) ou même 4,6 secondes (80km/h).
Si le facteur principal pour déterminer un feu jaune est la limite de vitesse d'une route, il faut aussi tenir compte de la géométrie de l'intersection, le volume de la circulation, le type de véhicules (nombre de camions lourds).
Le va-et-vient de piétons peut aussi affecter la synchronisation d'un signal, résume le porte-parole du MTO.
Différent au Québec
La réalité est différente de l'autre côté de la rivière des Outaouais.
«Les feux de circulation sont normés par le ministère. En ce qui concerne le feu jaune, le minimum est de trois secondes et le maximum est de cinq. Et toutes les municipalités doivent appliquer ces normes», explique Sarah Bensadoun, porte-parole du ministère des Transports du Québec.
Ces standards sont identiques en milieu urbain et en milieu rural, ajoute-t-elle.
Alors, pourquoi ne pas imiter le Québec et imposer des standards concrets en Ontario pour ne pas garder les automobilistes sur le qui-vive?
«La durée des feux jaunes a été déterminée selon des pratiques de l'Institut des ingénieurs en transport, reconnues à l'échelle internationale. La plupart des municipalités et gouvernements régionaux suivent ces normes en Amérique du Nord, justifie M. Woozageer. Les municipalités de l'Ontario ne peuvent donc pas ajuster la durée d'un feu jaune arbitrairement parce qu'ils courent le risque de compromettre la sécurité des gens à l'intersection. La durée minimale du feu jaune est de trois secondes.»
Cela dit, un feu rouge reste un feu rouge, note M. Brinkmann.
«Ça fait longtemps que je suis dans ce domaine. Il n'y a jamais personne qui a réussi à me convaincre qu'il avait une bonne raison pour griller un feu rouge. Et croyez-moi, je les ai toutes entendues.»