«Il n'y a pas personne qui appuie une politique de bilinguisme officiel au sein du conseil», a affirmé le maire Jim Watson après la rencontre. On le voit ici en compagnie de Serge Arpin, son chef de cabinet.

Le bilinguisme officiel d'Ottawa absent du «caucus» francophone

Le bilinguisme officiel de la Ville d'Ottawa, recommandation phare des récents États généraux de la francophonie dans la capitale, a brillé par son absence lors de la plus récente rencontre du «caucus» des élus municipaux francophones et francophiles, jeudi.
Sauf une brève mention du conseiller Mathieu Fleury, il n'a nullement été question du projet de faire de la capitale nationale une ville officiellement bilingue pendant toute la rencontre, qui a duré près d'une heure.
«Il n'y a pas personne qui appuie une politique de bilinguisme officiel au sein du conseil», a relancé le maire Jim Watson au Droit, après la rencontre. «Nous avons une politique qui marche bien. Je suis content. Je pense que la grande majorité du conseil est satisfaite de cette politique qui nous permet d'offrir des services dans les deux langues».
Le «caucus» des élus francophones et francophiles de la Ville d'Ottawa ne s'était pas rencontré depuis un an, presque jour pour jour.
Entre-temps, l'automne dernier, les États généraux de la francophonie ont conclu, à la suite d'une longue réflexion citoyenne, que la priorité des francophones de la capitale est de militer pour la désignation officiellement bilingue de leur ville. Une recommandation qu'a aussi endossée MeFrançois Boileau, commissaire aux services en français de l'Ontario.
Les médias francophones dans la capitale ont, de leur côté, relevé plusieurs accrocs à la politique de bilinguisme «pratique» dont le maire aime bien vanter le bon fonctionnement, comme la nomination d'un agent de police communautaire unilingue anglophone à Vanier, un des secteurs les plus francophones de la ville.
Or, de l'avis de M. Watson, le «caucus» n'est pas le bon forum pour ce genre de discussions. «C'est une occasion pour les francophones et les francophiles autour de la table du conseil de se regrouper, de poser des questions à notre personnel et de partager l'information qui concerne la communauté francophone», a-t-il résumé.
Voix dissidente
Mathieu Fleury croit, au contraire, que le «caucus» devrait évoluer vers un comité permanent, voire une commission d'élus et de citoyens, pour qu'il soit possible d'y soulever les bons coups, comme des mauvais coups de la municipalité au chapitre des services en français. L'ouverture du «caucus» au grand public constitue tout de même «un beau progrès» par rapport aux huis clos d'avant 2010, selon l'élu.
Or, seulement trois citoyens ont assisté à la rencontre de jeudi, annoncée une journée à l'avance.
M. Watson, qui planifiait cette rencontre depuis «environ trois semaines», a dit ne pas savoir pourquoi l'invitation n'avait pas été lancée plus tôt. «Il faut améliorer cette situation», a-t-il reconnu, jetant le blâme sur les communications de son bureau.
Le «caucus» des élus francophones et francophiles s'est rencontré à trois occasions depuis les dernières élections municipales.