L'édifice du 7 Clarence sera démoli à la fin de l'été

Le 7 Clarence bientôt plus qu'un souvenir

Le sous-comité du patrimoine bâti de la Ville d'Ottawa a donné son aval à la destruction d'un édifice du marché By, mais il exige toutefois une révision du futur bâtiment qui sera construit pour remplacer le 7, rue Clarence.
La décision de démolir la propriété de la Commission de la capitale nationale (CCN), longtemps le site du restaurant à dessert Memories, fait suite à divers examens de la structure de l'édifice, qui se trouve dans l'un des plus vieux secteurs patrimoniaux de la municipalité.
Deux rapports d'ingénieurs de la CCN prétendent que l'annexe construite dans les années 1870 et située à l'arrière du 461-463, promenade Sussex, était sous la menace «imminente d'un effondrement» en raison de la piètre qualité du mortier et des pierres de l'immeuble.
«Notre ingénieur recommande aussi que l'immeuble soit démoli parce qu'il serait dispendieux de le restaurer, a informé Sally Coutts, coordonnatrice des services du patrimoine de la Ville d'Ottawa. Il réfute toutefois les conclusions des ingénieurs de la CCN qui annonçait 'l'effondrement imminent'.»
C'est ce danger pressant qui a poussé la CCN à obtenir la bénédiction du sous-comité du patrimoine bâti hier, quelque peu au détriment de consultations publiques.
«Nous venons de l'apprendre il y a à peine une semaine, a critiqué Jamie Roberts, un résident du quartier outré. Il y a eu un manque flagrant de consultations. Il en résulte une méfiance générale à l'égard de la CCN en raison de leur manque de transparence.»
Au bout du compte, pour des raisons de sécurité, toutes les parties impliquées dans ce dossier ont accepté la démolition de l'immeuble.
Nouvel édifice
La nouvelle construction qui le remplacera ne fait pas l'unanimité cependant. La structure en verre opaque et transparent de deux étages est 1,4 mètre plus haut que l'original et deux mètres de plus en largeur. Le look vitré de l'édifice jure avec l'environnement patrimonial du marché By, ont contesté les opposants.
M. Roberts, un ex-militaire, a même suggéré que les nombreuses vitres du projet proposé allaient certes inquiéter les Américains, dont l'ambassade se situe à proximité.
«Nous avons étudié la possibilité d'utiliser des pierres. Finalement, nous croyons que ce n'est peut-être pas très représentatif du xxiesiècle, a expliqué David Scarlett, architecte en chef à la CCN. Nous sommes ouverts à changer le design. L'important est que nous voulons bâtir un immeuble qui résistera à l'épreuve du temps.»
Entre-temps, le sous-comité du patrimoine bâti a demandé à la CCN et aux urbanistes de la municipalité de réviser le design, tant pour la hauteur que les matériaux utilisés. Il a aussi prolongé le délai habituel de 90 jours pour rendre une décision définitive. Une rencontre publique doit également être tenue le 28 mars prochain. La démolition du 7, rue Clarence suivra à la fin de l'été. La vocation du futur locataire reste indéterminée.
«J'estime que la CCN a bien compris le message de la communauté et des membres du sous-comité. Ce qu'ils nous ont soumis n'est pas à la hauteur de nos attentes, étant donné que la CCN est un leader en matière de conservation depuis 40-50 ans», a résumé Barry Padolsky, vice-président du sous-comité.
jfdugas@ledroit.com