À l'image du maire d'Ottawa, le maire de Gatineau inscrit lui aussi l'arrimage physique entre les deux réseaux à la toute fin de sa liste des priorités en transport.

L'arrimage n'est pas  dans les plans

Ce n'est pas demain la veille que le train léger de la Ville d'Ottawa s'arrimera au réseau de transport en commun de la Ville de Gatineau.
Les maires des villes voisines, Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin, ont participé mardi à une discussion portant sur les grands projets de la région lors d'un dîner du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (RGA). En tête de liste, le projet du train léger a attiré l'attention de la salle, surtout chez les commerçants gatinois, qui devront toutefois attendre longtemps avant de voir le train léger se rendre de leur côté de la rivière des Outaouais.
« J'espère que le train léger assurera des liens entre Gatineau et Ottawa dans le futur. Mais on parle de nombreuses années. Ma priorité est de compléter la phase un du train léger en 2018 et d'enchaîner avec la phase deux (pour la terminer en 2023) », a commenté le maire Watson.
Lors de la présentation plus détaillée de ce projet, un porte-parole du Bureau de mise en oeuvre du train léger a précisé davantage la vision de la Ville d'Ottawa.
« Ce n'est pas dans nos plans actuellement de se rendre de l'autre côté de la rivière, a lancé sans hésitation Matt Eason. Cependant, nous travaillons toujours avec la Société des transports de l'Outaouais (STO) pour figurer le système le plus efficace pour que les autobus du système du Rapibus puissent intégrer notre système, particulièrement aux arrêts de la rue Rideau et des plaines LeBreton. »
La Ville d'Ottawa cherche désespérément à retirer les autobus d'OC Transpo et de la STO de la rue Rideau pour désengorger cette artère. D'ailleurs, en comité d'urbanisme mardi, un plan pour réaménager cette artère, entre les rues Sussex et Dalhousie, a été déposé et propose de plus grands espaces pour les piétons et les cyclistes sans toutefois réduire les voies pour les véhicules.
Par ailleurs, M. Eason a ni peu ni moins laissé entendre que la Ville de Gatineau avait des croûtes à manger si elle espérait offrir un service de transport en commun similaire à celui qui est en construction à Ottawa.
« Avec son Rapibus, Gatineau se trouve où nous étions avec OC Transpo dans les années 1980 quand nous avions construit le Transitway. La mutation des autobus au train léger nous a pris 20 à 25 années à Ottawa », a-t-il signalé.
L'utilisation du pont Prince-de-Galles, propriété de la Ville d'Ottawa depuis 2005, ne semble pas une priorité non plus pour relier les réseaux de transport en commun. « Nous n'avons pas de plan précis pour ce pont », a déclaré M. Watson.
À l'origine, le train léger devait emprunter celui-ci pour s'arrimer avec les services de la STO, mais les derniers documents à l'étude pour la deuxième phase du train léger font abstraction du tronçon. Pour l'heure, la Ville d'Ottawa cherche plutôt à utiliser le pont pour permettre aux piétons et cyclistes de circuler et « éventuellement, à plus long terme, pour le train léger », soutient M. Watson. Ottawa veut cependant connaître les coûts inhérents à un tel réaménagement avant de considérer une telle option.
« En principe, c'est une idée extrêmement intéressante, mais c'est une question de coûts. Il faut évaluer comment ça coûterait, renchérit M. Pedneaud-Jobin. Il faudra voir aussi où ça se situe dans les priorités d'Ottawa. »