Le vérificateur général d'Ottawa s'est penché sur l’entente de partenariat pour les opérations du parc Lansdowne entre la Ville d’Ottawa et l’Ottawa Sports and Entertainment Group.
Le vérificateur général d'Ottawa s'est penché sur l’entente de partenariat pour les opérations du parc Lansdowne entre la Ville d’Ottawa et l’Ottawa Sports and Entertainment Group.

Lansdowne: la Ville d’Ottawa doit être plus rigoureuse, dit le vérificateur général

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Le vérificateur général de la Ville d’Ottawa, Ken Hughes, s’attaquait à un dossier très complexe dans son dernier rapport annuel avant sa retraite: le système de répartition des revenus du partenariat pour le parc Lansdowne.

Dans cet audit, M. Hughes et son équipe recommandent notamment que l’administration municipale «relève le niveau de détail des analyses financières annuelles» et développe un «registre des risques stratégiques et un processus d’atténuation des risques».

«Je crois que notre trésorière adjointe et notre cheffe des finances ont démontré clairement que nous avons un contrôle étroit de ce qui se passe avec la distribution en cascade, mais le vérificateur général croit que nous pouvons en faire plus. Nous acceptons ces recommandations», affirme le directeur municipal d’Ottawa, Steve Kanellakos.

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Rappelons que l’entente de partenariat pour les opérations du parc Lansdowne entre la Ville d’Ottawa et l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG) comprend un système de distribution des revenus en cascade qui établit à quoi doivent servir en priorité ces surplus. Selon cette entente, la municipalité touche à ces revenus uniquement au cinquième niveau de distribution.

Dans son rapport, le Bureau du vérificateur général a notamment remarqué que l’OSEG a compté 6,5 millions $ en trop dans son compte des capitaux propres supplémentaires — le troisième niveau du système de distribution en cascade — lorsque la Ville a versé 23,5 millions $ en 2015 «pour la réparation de l’acier corrodé dans la toiture de la Place TD».

Pour l’instant, cette erreur de comptabilité n’a pas eu d’impact financier pour la Ville, mais si elle n’est pas corrigée, l’OSEG pourrait toucher des intérêts supplémentaires pouvant aller jusqu’à 14 millions $ sur la durée du partenariat.

«Tel que décrit par le vérificateur général, c’est une entente complexe. Une entente qui a beaucoup de composantes, souligne le conseiller et président du Comité de la vérification, Jean Cloutier. OSEG a fait quelques interprétations, mais la Ville aussi doit amener une loupe pour que ces interprétations soient en bonne et due forme et correspondent à ses attentes. S’il y a matière à contester, c’est important que la Ville soit à son affaire pour bien protéger les intérêts des résidents.»

Aucun impact sur la prolongation de l’entente

Illustration du système de distribution des revenus en cascade contenu dans la présentation du Bureau du vérificateur général d’Ottawa au Comité de la vérification, mardi.

M. Kanellakos a d’ailleurs souligné que les révélations comprises dans le rapport annuel du vérificateur général ne changent en rien les recommandations de l’administration au conseil municipal en ce qui a trait aux modifications à apporter au partenariat du parc Lansdowne pour aider l’OSEG à traverser la crise de la COVID-19.

L’OSEG a notamment demandé au début du mois à ce que l’entente soit prolongée de 10 ans pour lui donner plus de temps pour dégager des profits de ce partenariat, après que la crise sanitaire ait causé une chute importante de ses revenus en 2020 et pour les années à venir.

«Pour l’instant, ça ne coûte rien à la Ville, mais à notre avis, il y a un risque important que l’OSEG se trouve en situation de défaut de paiement et ce serait une situation bien pire pour la Ville que de rester sur les lignes de côté, attendre et les laisser échouer, réitère Steve Kanellakos. Il n’y a rien dans ce rapport qui change les prévisions financières réalisées par une firme externe.»

«Nous croyons qu’il faut faire quelque chose pour aider l’OSEG immédiatement. Nous leur donnons plus de temps, pas plus d’argent», ajoute le directeur municipal.

Le débat sur les modifications suggérées au partenariat du parc Lansdowne aura lieu durant la réunion du conseil municipal mercredi.