Des commerces dans le secteur du parc Lansdowne.

Lansdowne: frein à la gestion d’espaces publics par OSEG

Le transfert direct au secteur privé de la gestion des espaces publics du parc Lansdowne a pu être évité à la dernière minute mardi grâce à un compromis négocié par un groupe d’élus municipaux.

Après des échanges corsés sur Twitter entre le maire d’Ottawa et le conseiller du quartier Capitale — où se trouve le parc Lansdowne —, Shawn Menard, on était en droit de s’attendre à des échanges virulents à la réunion du Comité des finances et du développement économique de la Ville d’Ottawa (CFDÉ) mardi matin. Ça n’a pas été le cas, même si une importante délégation publique est venue à l’hôtel de ville pour exprimer son opposition.

Lorsque la proposition de «regrouper les opérations, la programmation et la réservation des installations, de constituer un point de contact unique pour le public» en laissant l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG) gérer les espaces publics du parc Lansdowne — comme le parc urbain et le pavillon Abderdeen —, le conseiller d’Orléans, Matthew Luloff a proposé ce qu’il décrit comme un «compromis pragmatique».

M. Menard ne siégeant pas au CFDÉ, il a travaillé en collaboration avec M. Luloff et le bureau du maire, Jim Watson, pour élaborer une solution qui ferait l’affaire de tous.

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«Ce que nous avons été en mesure de faire aujourd’hui, c’est nous assurer qu’il y aura une vaste consultation publique avant qu’il y ait une proposition de transférer la gestion du site à OSEG pour un usage commercial», résume le conseiller Menard.

Avec la motion adoptée unanimement par la CFDÉ mardi, une éventuel sur le transfert de la gestion devrait assurer le respect de certaines ententes entre la Ville d’Ottawa et des organisations communautaires. Le marché fermier d’Ottawa qui se tient chaque année au pavillon Aberdeen et sur le carré Aberdeen fait partie de la liste, tout comme le Petit-déjeuner de la fête du Canada pour les aînés et des événements organisés par Centraide Ottawa.

M. Watson souligne toutefois que le scénario d’un déménagement du marché fermier qui a suscité de vives réactions était de la pure spéculation.

«Il y a eu de la désinformation dans ce dossier, affirme le maire d’Ottawa. C’est la dernière chose que nous voulons voir partir. Le marché fermier est un excellent atout parce que ça attire beaucoup de gens sur place qui vont ensuite aller voir un film, déjeuner ou prendre un café. Pourquoi OSEG voudrait faire quoi que ce soit qui mettrait en péril le marché fermier?»

Ouvrir un dialogue

Même s’il faudra attendre la tenue de consultations publiques avant de lancer les négociations avec la Ville, le président de l’OSEG, Mark Goudie, estime tout de même qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction.

« C’est un peu ce qu’on souhaitait. On a envoyé la proposition à la Ville essentiellement pour ouvrir un dialogue », affirme M. Goudie.

La motivation de l’OSEG est essentiellement de s’assurer à ce qu’il y ait une programmation plus complète dans les espaces publics. Mark Goudie affirme que son entreprise a plus de ressources humaines disponibles pour y travailler que la Ville d’Ottawa.

« La compagnie a de l’expérience sur le site et, le problème, c’est qu’il y a deux groupes responsables de la programmation sur le même site. Est-ce que c’est efficace? Probablement que non. Est-ce que c’est la meilleure façon? C’est pour le savoir que j’appuie la proposition de M. Luloff », soutient Jim Watson.