Steven et Josée Nicholson faisaient partie des cinq finalistes pour gagner une séance de fécondation in vitro.

«L'adoption n'est pas pour tous»

Le programme de fécondation in vitro, annoncé la semaine dernière par le gouvernement d'Ontario, a apporté un sourire aux lèvres de plusieurs parents qui n'arrivent pas à concevoir un enfant. D'autres ont plutôt critiqué l'initiative, jugeant que les besoins en matière de santé pressaient ailleurs.
« C'est un besoin tellement humain et intense d'avoir ton enfant biologique, répond Josée Nicholson. L'adoption, ce n'est pas pour tout le monde. »
Steven et Josée Nicholson parlent en connaissance de cause. Le couple de Bourget, dans l'Est ontarien, a connu les hauts et les bas de la fécondation in vitro. Rien n'a pu stopper leur détermination pour concevoir leur progéniture. C'est pour cette raison qu'ils avaient participé à un concours d'une station radio locale anglophone en 2011 pour « gagner un bébé ».
« Nous avions le désir tellement profond (de concevoir un enfant) que nous nous sommes lancés dans une expérience très publique, lance Mme Nicholson. Mais je n'hésiterais pas à le faire de nouveau. »
Le couple faisait partie des cinq finalistes pour gagner une séance de fécondation in vitro. Au bout du compte, le patron de la station, ému par leur histoire, a accordé le prix à tous les couples. Quatre familles ont été fondées. Steven et Josée Nicholson, eux, ont même accueilli des jumeaux identiques.
Ils connaissent donc l'importance des traitements de fécondation in vitro. Les coûts aussi. Un cycle coûte environ 10 000 $. Et il n'y a aucune garantie de réussite. Le succès peut donc endetter un couple de plusieurs dizaines de milliers de dollars.
C'est pour cette raison que la ministre de la Santé, Deb Matthews, a annoncé que la province d'Ontario débourserait les coûts d'un cycle de fécondation in vitro pour les couples incapables de concevoir un enfant - un sur six en province - à partir de 2015. Elle est devenue ainsi la deuxième province à financer de tels traitements après le Québec.
« Nous croyons que cette mesure viendra en aide à 4000 femmes, a affirmé la ministre lors de son passage à Ottawa hier. Mais nous devons nous pencher sur l'accessibilité des cliniques. En ce moment, il y en a 16 en province, et aucune dans le Nord de l'Ontario. Mais comme ce fut le cas au Québec, nous nous attendons à ce que d'autres cliniques ouvrent avec un financement du gouvernement. »
En plus d'aider à réaliser des rêves pour les familles, cette procréation assistée génère d'importantes économies pour l'État. Auparavant, les parents infertiles transféraient souvent deux ou trois embryons pour maximiser leurs chances, ce qui provoquait souvent des grossesses multiples, et des complications pour la mère ou les enfants et ainsi des coûts additionnels. Le couple Nicholson fait partie de minorité, 5 %, qui ont eu des jumeaux après avoir transféré un seul embryon qui s'est ensuite divisé en deux.
« L'objectif, c'est d'avoir une enfant en santé », résume Mme Nicholson.