La présidente de l'ACFO Ottawa, Soukaina Boutiyeb

L'ACFO déçue de l'embauche de cadres unilingues par la ville d'Ottawa

L’embauche de deux autres cadres unilingues anglophones par la Ville d’Ottawa est une déception pour l’ACFO Ottawa, affirme sa présidente, Soukaina Boutiyeb.

«Est-ce qu’une personne unilingue francophone qui a complètement l’expérience requise dans ce genre de postes, on accepterait de l’embaucher en attendant qu’un jour elle apprenne l’anglais ? Je ne pense pas que ça arriverait», lance Mme Boutiyeb.

Rappelons que la trésorière adjointe au service des recettes, Wendy Stephanson, a obtenu une promotion à titre de cheffe des finances de la Ville et la confirmation de l’embauche de Dean Lett à titre de directeur des soins de longue durée a été adoptée par le conseil municipal mercredi dernier.

«Une politique, quand elle est mise en place, surtout dans une capitale officiellement bilingue, elle est là pour être appliquée, souligne la présidente de l’ACFO Ottawa. Quand on commence à faire des exceptions chaque fois, pourquoi alors avoir une politique ?»

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Bilinguisme confidentiel à la Ville d'Ottawa

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a indiqué mercredi que Mme Stephanson parle français, mais pas à un niveau suffisant pour être considérée bilingue. Il a aussi précisé que les deux cadres devraient suivre des cours de français, conformément à la politique du bilinguisme de la municipalité.

Soukaina Boutiyeb souligne que les précédentes embauches d’unilingues anglophones dans des postes de cadres étaient également accompagnées de la condition d’apprendre la langue seconde. Or, dans plusieurs de ces cas, les résultats ne semblent pas être au rendez-vous, dit-elle.

En mai 2018, la Ville d’Ottawa avait refusé de fournir des détails quant à la formation de ses cadres unilingues, indiquant uniquement que 13 cadres suivaient des cours de français. Mme Boutiyeb croit qu’une plus grande transparence permettrait de s’assurer qu’en cas de nécessité, un cadre unilingue embauché apprendrait bel et bien le français.

«On attend un engagement concret de notre maire, qu’il n’y aura pas des exceptions chaque fois, lance la présidente de l’ACFO Ottawa. C’est une question de transparence : combien ces gens-là s’investissent-ils dans l’apprentissage du français, sachant que ces cours-là sont payés par les contribuables ?»