L'effondrement de la chaussée sur la rue Rideau n'est pas la responsabilité de la Ville d'Ottawa, selon un rapport émis par un groupe d'experts externes.

La Ville n'est pas à blâmer pour l'affaissement de la rue Rideau

L'affaissement de la rue Rideau, survenu le 8 juin dernier, n'a rien à voir avec une défaillance des infrastructures de la Ville d'Ottawa, a fait savoir jeudi l'avocat général et greffier municipal Rick O'Connor.
Près de six mois après l'effondrement dont les images ont fait le tour du monde, la Ville a reçu des premières réponses sur les causes de l'incident lorsque les résultats d'une enquête menée par des experts externes lui ont été remis le 15 décembre dernier, jour de la réouverture partielle de la rue Rideau.
Dans une note de service envoyée jeudi aux conseillers municipaux, M. O'Connor indique que l'effondrement qui a entravé la construction du projet de train léger de la Ligne de la Confédération a été un « événement complexe » auquel plusieurs causes ont été identifiées. Il ajoute que les experts chargés de trouver la source de l'affaissement ont vu leur travail complexifié par les quelque 3000 mètres cubes de béton qui ont été déversés pour boucher le trou désormais célèbre dans les 24 heures suivant son apparition.
Il faudra toutefois attendre pour que le public puisse connaître les conclusions du Rapport d'analyse des causes fondamentales, qui est confidentiel pour l'instant. Les conseillers municipaux peuvent tout de même le consulter.
31 dossiers à régler
Dans les jours qui ont suivi l'affaissement, de nombreuses entreprises ont été contraintes de fermer leurs portes pendant plusieurs jours. Dans sa note de service, Rick O'Connor confirme que la Ville a reçu pas moins de 31 demandes d'indemnisation de la part des propriétaires et commerçants affectés. Ottawa a acheminé ces demandes à la compagnie d'assurances qui couvre le projet.
La Ville réclame aussi à l'assureur 1,5 million $ pour les frais causés par l'effondrement. Quant au consortium qui exécute les travaux de construction du train léger, la note de service indique que le Rideau Transit Group (RTG) a également transmis ses propres réclamations pour ses dépenses liées aux mesures correctives nécessaires pour stabiliser le site et respecter les échéanciers.
Le contrat d'assurance du projet, qui couvre à la fois les réclamations de la Ville et celles du RTG, prévoit une franchise de 500 000 $ pour des événements comme celui du 8 juin.
En dépit des imprévus, l'entrée en service du train léger devrait se faire dans le respect des délais initiaux. Le RTG a notamment investi des ressources humaines et matérielles supplémentaires, allongé les quarts de travail et confié davantage de tâches à des sous-traitants pour s'assurer que l'excavation du tunnel de 2,5 km soit achevée en février 2017 et que les travaux de revêtement soient terminés à la fin juillet 2017. «Malgré les défis que l'effondrement de la chaussée a posés en juin 2016, les efforts concertés de la Ville et de RTG devraient permettre au Projet de générer des revenus dès son entrée en service en 2018 comme prévu», conclut Rick O'Connor.
Le budget du train léger respecté
Malgré l'affaissement de la rue Rideau, les travaux de construction de la première phase du train léger n'ont pas excédé le budget prévu par la Ville. En 2012, un total de 2,13 milliards $, dont près de la moitié en provenance des gouvernements provincial et fédéral, avait été attribué à la réalisation du projet. Un bémol: des 100 millions $ du fonds de contingence, 86 M $ ont déjà été gobés, ce qui laisse 14 M $ pour les deux années qui restent avant la mise en service du train léger. Enfin, en 2015, 2016 et 2017, la Ville a alloué 12 M, 2,7 M et 33 M $ additionnels, dont 30 M$ du fédéral, pour offrir des trajets d'autobus détournés.