Les magasins de prêts sur salaires seraient assujettis à de nombreuses restrictions.

La Ville d’Ottawa serre la vis sur les commerces de prêts sur salaires

La Ville d’Ottawa se rapproche d’une réglementation plus sévère pour encadrer la prolifération des commerces de prêts sur salaires dans certains quartiers.

Pour limiter une trop forte concentration de ces entreprises, le comité de l’urbanisme propose d’imposer une distance minimale d’un kilomètre entre chaque local.

C’est la principale recommandation des services municipaux dans un rapport adopté par le Comité de l’urbanisme, jeudi matin. Le conseil municipal devra également entériner ces changements aux règles de zonage de la Ville d’Ottawa avant qu’elles n’entrent en vigueur.

Les magasins de prêts sur salaires seraient ainsi assujettis à de nombreuses autres restrictions. Ils ne pourront se trouver à moins de 500 mètres d’un casino ou d’un hippodrome « pour limiter l’accès rapide à des prêts sur salaire à proximité de lieux de jeux de hasard, quand autrement il serait difficile d’obtenir des fonds supplémentaires », écrivent les fonctionnaires.

Les entreprises comme Money Mart, Cash Money et Western Union — pour ne nommer que celles-ci — devraient également se trouver à plus de 300 mètres d’une école ou d’un établissement d’enseignement postsecondaire. Il sera également interdit d’ouvrir un magasin de prêts sur salaires dans les bâtiments comportant une utilisation résidentielle.

« En raison des distances minimales de séparation imposées, par exemple, un seul établissement pourra subsister parmi les cinq existants sur le chemin de Montréal, et un seul parmi les quatre sur la rue Bank, car ceux-ci se trouvent à moins de 1000 mètres les uns des autres », lit-on dans le rapport signé par le directeur du Développement économique et de la Planification à long terme d’Ottawa, Don Herweyer.

Les commerces existants obtiendraient un droit acquis, mais dès qu’ils interrompent leurs opérations de quelque façon, ils devront déménager dans un endroit permis selon les nouvelles règles de zonage.

« Cependant, vu la distance d’un kilomètre imposée entre chaque établissement et de 300 mètres avec les écoles et les établissements d’enseignement postsecondaire, les possibilités seront très limitées. Par ailleurs, le nombre d’établissements de prêt sur salaire diminuera au fil du temps, au fur et à mesure que ceux jouissant d’un droit acquis fermeront leurs portes ou déménageront », prévoit M. Herweyer.

Fleury, ravi

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, mène une bataille depuis quelques années contre ces commerces qui offrent des prêts avec des taux gonflés, souvent autour de 25 %. C’est dans son quartier qu’on retrouve la concentration de magasins de prêts sur salaires du chemin de Montréal.

« Je suis satisfait de ce qui est proposé, s’exclame M. Fleury. C’est malheureux qu’on n’ait pas le pouvoir de fermer ces entreprises, mais au moins, on protège pour l’avenir. »

L’élu souhaite maintenant que l’on s’attaque au fléau à la source. Il aimerait, par exemple, que le gouvernement fédéral incite les banques à offrir des prêts aux particuliers à des taux plus raisonnables.