La Ville d'Ottawa peine à atteindre sa cible de compostage traitable

La Ville d'Ottawa a finalement atteint sa cible de compostage au cours de la dernière année. En théorie du moins, car 14 000 tonnes des 83 000 recueillies sont toujours acheminées vers le site d'enfouissement du chemin Trail en raison d'une dispute juridique.
C'est ce que la présidente du comité d'environnement, Maria McRae, a signalé mardi matin dans le cadre de son bilan annuel.
«L'année 2013 a été marquée par des améliorations majeures au chapitre du réacheminement de déchets organiques. Le compostage a augmenté de 24% comparativement à 2012. Il est passé de 67 000 à 83 000 tonnes. Cela nous a permis de générer des économies de 10 millions $ dans nos budgets d'exploitation», a affirmé Mme McRae.
Toutefois, seulement 69 000 tonnes du total de l'an dernier ont été traitées par la compagnie  Orgaworld à son site du chemin Hawtorne, dans l'est de la ville, a informé la conseillère du quartier Rivière, visiblement irritée. En 2012, l'entreprise de compostage n'avait transformé que 55 000 des 67 000 tonnes acheminées à ses installations, a-t-elle aussi rappelé lors de son allocution.
«C'est disgracieux que tout ce tonnage ait été collecté et qu'il n'a pas été transformé entièrement, a finalement laissé tomber Mme McRae en mêlée de presse à la suite de la réunion. Je vais laisser le reste du monde tirer ses conclusions. Cette Ville a fait son boulot. Nos résidents ont fait leur boulot. Nous avons recueilli 83 000 tonnes de déchets organiques l'an dernier. Pourquoi le tout n'est pas traité? Voilà la question que nous devons poser.»
Malgré l'insistance des journalistes, Mme McRae, flanquée du greffier et chef du contentieux d'Ottawa, Rick O'Connor, a refusé de commenter davantage les raisons pouvant expliquer le refus de l'entreprise de compostage de traiter les 14 000 tonnes en 2013.
«Nous avons un arbitrage commercial en cours avec Orgaworld. Nous sommes régis par des règles de confidentialité et nous ne pouvons donc pas commenter cette question», est intervenu M. O'Connor, chaque fois que la question fut posée.
Pacte coûteux
La Ville d'Ottawa est à couteaux tirés avec Orgaworld sur certaines clauses du contrat de 160 millions sur 20 ans, signé en 2009. Difficile de savoir cependant les points de litige, car les deux parties refusent de commenter le dossier publiquement.
Chose certaine, l'entente coûte cher aux contribuables depuis sa  signature. Les fonctionnaires qui ont fignolé le contrat n'ont pas pensé à y inclure une «période de rodage» pour les premières années. Ainsi, dès le début du programme, la Ville a placé la barre à 80 000 tonnes de déchets organiques traitables. 
La municipalité n'a toujours pas atteint ce total, quoiqu'elle a eu une nette amélioration en 2013 (69 000 tonnes) après qu'Orgaworld ait  finalement accepté la livraison de feuilles et autres déchets naturels. 
De 2010 à 2012, l'entreprise n'avait traité que 53 000 à 55 000 tonnes. Pour cette période de trois ans, cela représente en moyenne que 68% de l'objectif du contrat. Les contribuables de la capitale paient néanmoins le plein prix pour leur compost, soit 8 millions $ par année, peu importe le tonnage de matières organiques qui aboutit à l'usine d'Orgaworld.