La Ville d'Ottawa fait son mea culpa

Personne à la Ville d'Ottawa ne s'est donné la peine de réviser la version française du nouveau site JoindreOttawa ni avant ni depuis sa mise en ligne le mois dernier, a reconnu hier le chef du Service des loisirs de la municipalité.
Daniel Chénier fait son mea culpa. Lancé le mois dernier par la Ville dans le but de mieux faire connaître les différents cours et programmes récréatifs de la ville, le site JoindreOttawa, cousu de fautes, n'aurait pas dû être rendu public avant qu'on inspecte la qualité du français de celui-ci.
Hier, le chef des loisirs a pris la décision de débrancher le site, le temps qu'il soit corrigé de fond en comble. « C'est vrai qu'il n'y a personne au service des loisirs qui est allé voir si les données étaient les bonnes. On reconnaît qu'il y a eu un manque. Service Ottawa regarde ce qu'on doit mettre en place pour (corriger le tir) », a indiqué M. Chénier.
« On va faire les réparations qui sont nécessaires, a-t-il ajouté. [...] J'ai demandé qu'on nous envoie les données et on va mettre nos employés francophones là-dessus. »
Un programmeur externe
Le site web a été développé dans le cadre d'AppspourOttawa, un concours de développement d'applications piloté par la Ville. Celui-ci encourage des informaticiens en herbe à mettre au point des applications fonctionnant à partir des données de l'administration municipale. Du lot, JoindreOttawa est l'une des seules à offrir un volet - imparfait - en français. Elle est donc l'une des seules à avoir trouvé sa place sur le site officiel de la Ville.
Le contrat entre la municipalité et le responsable du site stipule que JoindreOttawa doit être bilingue, a précisé Donna Gray, la directrice de Service Ottawa.
Quelques jours devraient être nécessaires afin d'effectuer les changements qui s'imposent au site web. Ce processus devrait être complété d'ici la fin de la semaine.
Revoir les processus
Ce n'est pas la première fois que la Ville d'Ottawa commet un tel impair linguistique, a souligné mardi Bernard Grandmaître, le père de la Loi sur les services en français de l'Ontario. Un aréna en son nom s'est vu renommer Bernard Grandmaitre Arena (sic) sur JoindreOttawa.
Pourtant, ce genre d'incident continue de se répéter, convient M. Chénier. Pourquoi ? « On s'est posé des questions. Il va falloir y avoir un meilleur processus pour revoir les données qui sortent de ce processus. [...] Est-ce qu'on aurait dû s'en apercevoir avant ? Oui, absolument. Est-ce qu'on regardait activement ? Non. Il va falloir trouver une façon de faire un suivi. On va apprendre. »