«Il faut demander aux gens d’entailler assez bas parce que, quand la neige va fondre, la chaudière va être à 5 ou 6 pieds du sol», a expliqué au Droit l'acériculteur en chef de la cabane à sucre Vanier, Marc Madore.

La saison des sucres lancée à Vanier

Bien que la production de sirop d’érable ne commencera vraisemblablement pas avant quelques semaines encore, la saison des sucres est commencée à l’érablière de Vanier.

Le public était invité à participer à la corvée d’entaillage des érables du parc Richelieu-Vanier. Raquettes aux pieds et perceuse à la main, des dizaines de bénévoles ont parcouru la forêt pour installer des chaudières pour recueillir la sève lorsque les conditions météorologiques seront propices, ce qui risque de venir seulement dans une semaine, peut-être même deux.

«On est un organisme qui travaille beaucoup avec les bénévoles, alors on essaie de choisir une date qui est proche du congé de la Fête de la Famille. Alors, c’est toujours autour du 15-16 février. Cette année, c’est trop tôt. Il fait vraiment trop froid encore», explique l’acériculteur en chef de la cabane à sucre Vanier, Marc Madore.

La seule cabane à sucre en milieu urbain du monde — qui produit son propre sirop d’érable — compte effectivement sur l’aide de bénévoles pour ses opérations. À l’exception d’une poignée de contractuels, le cuisinier de la cabane à sucre par exemple, tout le monde, incluant les acériculteurs comme M. Madore, offrent gracieusement leur temps pour que l’institution vaniéroise poursuive ses activités.

Le Muséoparc Vanier gère les opérations de la cabane à sucre depuis 2012, après l’interruption des activités d’Action Vanier. Le musée n’a pas les moyens de faire autrement, explique sa directrice du marketing et des communications, Aurélie Marié.

Les bénévoles présents samedi matin ont été les premiers à goûter aux crêpes de la cabane à sucre Vanier en 2019.

«Ça fait partie du patrimoine du quartier et c’est dans notre mandat de faire rayonner le patrimoine francophone de Vanier, rappelle Mme Marié. On a une petite équipe au musée, on a cinq personnes à temps plein. Donc, ça devient difficile pour nous, en plus d’une saison régulière au musée, de gérer la saison des sucres qui comprend l’entaillage des érables, le ramassage de l’eau d’érable, la production du sirop et la gestion d’un restaurant.»

Marc Madore et les trois autres membres de son équipe sont parmi les bénévoles les plus dévoués. Lorsque l’eau d’érable commence à s’accumuler dans les chaudières, ils sont à la cabane à sucre tous les jours de 5h30 le matin jusqu’à 15h pour assurer la production de sirop d’érable.

Depuis l’an dernier, ils sont responsables de la transformation de la sève recueillie à Rideau Hall, ce qui augmente la charge de travail considérablement. Avis aux intéressés, M. Madore aimerait former une seconde équipe d’acériculteurs pour que la production se poursuive pendant quelques heures, en début de soirée.

Lieu d’inclusion

En attendant, ceux qui ont offert de leur temps samedi matin ont été remerciés en devenant les premiers en 2019 à pouvoir goûter aux crêpes de la cabane à sucre Vanier.

Plusieurs familles se sont rendues sur les lieux pour contribuer à l’entaillage des érables, samedi. Des membres de différentes communautés culturelles étaient également du groupe, ce qui ne surprenait aucunement Aurélie Marié qui voit la cabane à sucre Vanier comme un endroit idéal pour contribuer à l’intégration des nouveaux arrivants.

«Le quartier est très coloré. On veut que tout le monde se sente le bienvenu ici, qu’il soit francophone ou non, affirme la porte-parole du Muséoparc Vanier. On veut que la place reste très inclusive, on veut que les gens se sentent les bienvenus. Ce n’est pas uniquement notre cabane à sucre, c’est la cabane à sucre des gens de Vanier.»

L’an dernier, une cérémonie de citoyenneté s’est tenue dans la cabane à sucre, en présence du ministre fédéral de l’Immigration. Mme Marié, elle-même originaire de France, aimerait organiser une autre cérémonie en 2019 et espère qu’elle et une de ses collègues du Muséoparc pourront obtenir leur citoyenneté à cette occasion.

«Ça serait bien d’obtenir notre citoyenneté chez nous», souligne Aurélie Marié.