La morgue de l’Hôpital d’Ottawa déborde à tel point que des corps ont été entreposés dans une salle de conférence.

La morgue déborde à l’Hôpital d’Ottawa

L’Hôpital d’Ottawa a été forcé d’entreposer des cadavres dans des endroits inusités au cours des dernières semaines alors que sa morgue débordait, soutient le président du syndicat des travailleurs de la santé de l’établissement, Lou Burri.

Des corps ont par exemple été entreposés dans des salles de conférence et dans la salle de traitement pour l’exposition à des matières dangereuses, soutient M. Burri qui attend toujours des explications quant à la cause de ce surplus soudain de dépouilles.

«J’ai commencé à en entendre parler davantage dans le dernier mois à peu près, mais on a reçu les premiers signalements de nos membres en octobre», indique le président du syndicat des travailleurs de la santé de l’Hôpital d’Ottawa.

Dans une réponse écrite, l’agente des relations avec les médias de l’établissement, Michaela Schreiter, soutient qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle et insiste que l’Hôpital d’Ottawa «veille à traiter avec dignité et compassion les personnes décédées et leur famille».

«Au cours d’une courte période exceptionnelle en décembre, il a été nécessaire de placer un certain nombre de cadavres à l’extérieur de la morgue, dans une salle sécurisée», poursuit Mme Schreiter.

Agrandissement nécessaire?

Cet établissement de santé reçoit un nombre élevé de dépouilles puisque c’est l’endroit désigné pour la tenue d’autopsies dans la région d’Ottawa-Carleton, soutient Lou Burri. 

Ce n’est toutefois pas une situation nouvelle alors elle ne peut expliquer le surplus de dépouilles actuel. Selon M. Burri, la question est de savoir s’il s’agit d’une situation exceptionnelle ou de la démonstration que la morgue de l’Hôpital d’Ottawa est devenue trop petite.

«Dès qu’il y a une mort suspecte et qu’une autopsie est nécessaire, le cadavre est envoyé là-bas. Une fois que l’autopsie est terminée, si le corps n’est pas réclamé par un proche du défunt, il reste à la morgue jusqu’à ce que l’on détermine où envoyer la dépouille», affirme Lou Burri.

«Ils doivent faire quelque chose. Ça ne paraît pas bien et ça nuit définitivement à la réputation de l’Hôpital d’Ottawa à titre de leader mondial dans son domaine, ajoute le président du syndicat des travailleurs de l’établissement. Si on peut aider à trouver des solutions à ce problème, on serait heureux de le faire.»

Michaela Schreiter assure que le problème a été réglé après qu’on ait converti des espaces à la morgue autrefois réservés pour les autopsies.

«En raison du vieillissement croissant de la population, le manque d’espace dans la morgue présente un défi pour de nombreux hôpitaux en Ontario. L’Hôpital d’Ottawa s’est engagé à travailler avec ses partenaires afin de trouver une solution à long terme au problème», conclut la porte-parole de l’établissement.