Des citoyens en colère auraient préféré pouvoir s'exprimer et obtenir des réponses à leurs inquiétudes, mais la séance d'hier en était une d'information et non de discussion.

La grogne populaire encore palpable

La deuxième séance d'information portant sur le déménagement possible du refuge de l'Armée du Salut sur le chemin Montréal dans Vanier a, encore une fois, débuté dans le chaos.
Le conseiller Mathieu Fleury espérait pouvoir simplement refaire la présentation de lundi dernier pour ceux qui n'avaient pu entrer dans la salle communautaire Richelieu-Vanier, faute de place. Mais des citoyens en colère ont, de nouveau, comme lundi,  réclamé le droit de poser des questions. Le conseiller Fleury a, encore une fois, refusé de leur donner la parole en début de séance, pour plutôt leur imposer une présentation audiovisuelle à sens unique. Il a cependant déclaré que l'on tentait actuellement de réunir les différentes parties pour organiser des consultations publiques officielles.
Des citoyens criaient « let us speak ! », pendant qu'un autre a menacé le conseiller municipal de Rideau-Vanier de lui retirer son vote aux prochaines élections, sur les applaudissements de la foule. 
De toute évidence, les résidents de Vanier en ont gros sur le coeur et attendent de pied ferme les consultations publiques qui leur permettront d'échanger directement avec des représentants officiels des parties concernées : l'Armée du Salut, les pouvoirs publics et des experts de différents horizons. Le conseiller Fleury a bien spécifié que des membres du personnel de l'Armée du Salut et de la Ville d'Ottawa étaient dans la salle, mais personne ne s'est identifié ou a pris la parole.
Sur les quelques centaines de citoyens rassemblés dans la salle plus spacieuse des Chevaliers de Colomb, vendredi soir, moins du quart d'entre eux avaient déjà assisté à la présentation de lundi.
Interrogé par Le Droit sur le fait que l'Armée du Salut semblait vouloir poursuivre le projet d'implantation de son refuge sur le Chemin Montréal, malgré la contestation populaire, Mathieu Fleury a rétorqué : « Je suis frustré, je suis frustré... Ils ont l'opportunité de faire un projet innovateur, mais ça semble très bureaucratique leur affaire. Le statu quo n'est pas acceptable. L'investissement de 50 millions $ est nécessaire. Pour moi, c'est une frustration, mais c'est à eux, par leur approche, de vivre avec les conséquences (...) C'est une erreur ce qu'ils font. Ils pourraient bien faire, mais ne souhaitent pas bien faire. »
Quiproquo
Un quiproquo subsiste aussi sur le fait que le conseiller municipal affirme n'avoir appris que le 21 juin dernier que l'Armée du Salut avait opté pour le site du chemin Montréal pour l'implantation de son nouveau refuge pour sans-abris, alors que l'organisme affirme être en contact avec la Ville et ses conseillers, à ce sujet, depuis près de sept ans. « Il y a de la confusion là-dessus, reconnait Mathieu Fleury, mais ils ont changé trois fois de directeur exécutif (ces dernières années) ». M. Fleury reconnait également que des échanges ont bien eu lieu dans le passé, mais qu'aucune décision du côté de l'Armée du Salut ne semblait défitive. D'une rencontre à l'autre, « le niveau d'anxiété augmentait », quant au choix du site, a expliqué le conseiller Fleury.
Des consultations publiques devraient avoir lieu « dans les prochaines semaines ou les prochains mois » a annoncé à l'auditoire Mathieu Fleury.