Une étude indique que les crimes contre la personne sont trois fois plus élevés dans la Basse-Ville. Pour les crimes contre la propriété, on parle d’un écart de 200 % par rapport aux autres quartiers du centre-ville.

La criminalité plus élevée dans la Basse-Ville

Le taux de criminalité dans le marché By est sensiblement plus élevé que dans les autres quartiers du centre-ville d’Ottawa, selon une étude réalisée pour le compte de l’Association communautaire de la Basse-Ville, qui s’en inquiète grandement.

Menée par deux étudiants à la maîtrise en criminologie de l’Université d’Ottawa, l’étude indique par exemple que les crimes contre la personne sont trois fois plus élevés dans la Basse-Ville. Pour les crimes contre la propriété, on parle d’un écart de 200 % par rapport aux autres quartiers du centre-ville.

Dans la Basse-Ville, le nombre de signalements d’agressions sexuelles a grimpé de 88 % entre 2016 et 2017, alors que les fraudes sont en hausse de 61 % pour la même période, à titre d’exemple. Quant aux vols de moins de 5000 $, le crime le plus fréquent dans le secteur, ils ont augmenté de 66 % depuis 2015.

Le rapport indique que les causes probables de cette recrudescence de la criminalité dans le secteur sont entre autres la pauvreté et la forte présence d’établissements servant de l’alcool.

Les auteurs de l’étude estiment que les méthodes de prévention de la criminalité doivent changer si l’on veut espérer améliorer les choses. On indique qu’un « engagement sérieux des parties prenantes est nécessaire » pour régler les problèmes systémiques que sont la pauvreté et la vulnérabilité du quartier.

« Tant que ces problèmes ne seront pas réglés, les mesures de prévention du crime continueront d’entraîner le déplacement du crime. Les solutions à grande échelle comprennent un nombre suffisant de logements à faible revenu et un salaire minimum plus élevé afin d’éviter que la pauvreté ne conduise à l’itinérance. De plus, les services sociaux devraient être utilisés de manière préventive plutôt que réactive », note-t-on.

Selon Norman Moyer, de l’Association communautaire de la Basse-Ville, il est temps que la Ville d’Ottawa « prenne ses responsabilités » au lieu « d’accepter le problème », par exemple en s’attaquant au nombre d’établissements qui servent de l’alcool. Il estime aussi qu’il est anormal d’en être rendu à un point où les hôtels et des immeubles à condos n’ont d’autre choix que de recourir à des firmes privées pour assurer la sécurité, précisant que « c’est la job de la police ».

« La Ville a mis en place une politique qui limite le nombre de bars en 2008, mais n’a jamais réussi à l’appliquer. Pendant ce temps, le nombre d’établissements de ce type a considérablement augmenté. Sur la rue Clarence, par exemple, c’est devenu une monoculture de bars et restaurants. Les magasins, on peut les compter sur les doigts d’une main. On veut qu’abaisser le taux de criminalité dans le secteur, ça devienne une priorité explicite pour la Ville et tous les conseillers. Pour l’instant, ça ne l’est pas », déplore-t-il.

Selon un sondage réalisé en juin par l’Association, plus d’un résident du secteur (53 %) a comme préoccupation première le crime et le maintien de l’ordre. Également, 61 % des répondants affirment connaître quelqu’un habitant la Basse-Ville qui a été victime d’un crime au cours de la dernière année.