Le maire d'Ottawa, Jim Watson
Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Jim Watson se dresse contre les thérapies de conversion

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Le maire d’Ottawa, Jim Watson, et Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset, déposeront une motion mercredi pour que le conseil municipal se prononce contre les thérapies de conversion.

Si cette résolution est adoptée, M. Watson aura le mandat d’écrire au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, au ministre de la Justice, David Lametti, et la ministre de la Diversité, de l’Inclusion et de la Jeunesse, Bardish Chagger, pour demander la réintroduction du projet de loi C-8 qui criminaliserait la thérapie de conversion.

Plus tôt cette année, Jim Watson a demandé à l’administration de la municipalité de préparer une analyse des droits et des compétences de la Ville dans l’interdiction des services de thérapie de conversion sur son territoire.

Dans une note de service, le directeur des services de protection et d’urgence, Anthony Di Monte, déconseille au conseil municipal d’adopter un tel règlement.

«La Direction des services juridiques a confirmé que même si les pouvoirs de délivrance des permis d’entreprise de la partie IV de la Loi de 2001 sur les municipalités ne donnent généralement pas le pouvoir d’interdire d’emblée certains types d’entreprises, toute tentative de le faire devrait faire l’objet d’un examen attentif», explique M. Di Monte.

Le directeur des services de protection et d’urgence, Anthony Di Monte

Il souligne que ces thérapies sont rarement la principale raison d’être des organisations qui proposent ces thérapies. Elles se présentent souvent comme des prestataires de services de consultation ou de santé.

«La Ville aura donc de la difficulté à autoriser par permis une entité ou une activité dans les cas où le véritable objectif de la réglementation par permis est d’interdire l’activité même», écrit Anthony Di Monte.

Si la motion de Jim Watson et Catherine McKenney est adoptée, le conseil municipal dénoncerait formellement les thérapies de conversion parce qu’elles sont «dommageables pour des individus et notre société puisqu’elles propagent des mythes et des stéréotypes au sujet de l’orientation sexuelle et l’identité de genre».

Même si ces thérapies ne sont pas illégales en ce moment, la motion invite également des victimes à porter plainte à la police si des gestes criminels — comme un enlèvement et la séquestration — ont été commis en lien avec une telle thérapie.