Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Jim Watson en 18 questions

1. Quel est le plus grand défi qui attend la Ville d’Ottawa en 2018 ?

Certainement l’achèvement de la Ligne de la Confédération. C’est le plus grand projet dans l’histoire de la ville et nous sommes à quelques mois de lancer le service. Ça va changer le visage de la ville.

2. Pourquoi les citoyens devraient-ils vous faire confiance en vous réélisant pour un troisième mandat en octobre ?

Parce que j’ai un historique d’action. J’ai contribué à la réalisation de plusieurs projets comme la construction du train léger, la rénovation du parc Lansdowne, l’assainissement de la rivière des Outaouais, etc. J’ai fait des promesses réalistes et je suis très fier de les avoir respectées.  

3. Vous avez eu des ennuis de santé depuis quelques années. Comptez-vous effectuer un troisième mandat advenant votre réélection ?

Oui, absolument, c’est mon objectif. J’ai beaucoup d’énergie et plusieurs citoyens m’ont envoyé des commentaires positifs quand j’ai annoncé que je sollicitais un autre mandat il y a un an. Je fais partie des politiciens qui aiment les élections. C’est un peu comme passer une entrevue pour un emploi, mais avec près d’un million d’employeurs.

4. Comment peut-on s’assurer que les touristes ne désertent pas Ottawa après une année comme 2017 ?

On a travaillé avec Tourisme Ottawa et le Centre Shaw pour continuer à attirer des congrès, de grandes réunions et des activités sportives, par exemple. C’est certain qu’il n’y aura pas des activités d’envergure comme en 2017, car c’est impossible de faire ça chaque année, mais on va continuer d’investir de l’argent pour attirer des événements.

5. Si vous deviez choisir une seule activité d’Ottawa 2017 et la rééditer chaque année, ce serait laquelle et pourquoi ?

C’est un choix difficile, mais je dirais probablement La Machine. C’est incroyable qu’on ait réussi à attirer 750 000 personnes, ça nous a permis d’avoir de la visibilité à l’échelle internationale. C’était plaisant autant pour les enfants, les familles que les aînés. 

6. Est-ce qu’il y aurait dû y avoir davantage de consultations publiques dans le dossier du refuge de l’Armée du Salut à Vanier ?

Il y a eu des réunions dans la communauté et 150 personnes ont exprimé leur opinion au comité de l’urbanisme. C’est un dossier émotionnel pour les gens, mais ma responsabilité est de suivre la loi et celle-ci dit que chaque organisation a le droit de demander un changement de zonage. Les citoyens ont aussi le droit de contester la décision du conseil, on verra ce que la Commission des affaires municipales de l’Ontario décidera.

7. Vous vous êtes lancé en politique il y a près de 30 ans. Si vous aviez à comparer, qu’est-ce qui est le plus difficile, à notre époque, pour un politicien ?

Probablement les médias sociaux, avec Facebook, Twitter et Instagram. [...] La majorité du temps, les médias sociaux apportent du positif, sauf que parfois des citoyens nous posent des questions pointues en croyant qu’on peut leur répondre en quelques minutes, alors que c’est impossible.

8. Vous dites croire en l’avenir des Sénateurs à Ottawa. Pensez-vous qu’ils évolueront sur les plaines Le Breton d’ici 5 ans ?

Je ne sais pas quand exactement, car il y a encore beaucoup de négociations à avoir entre les parties. Mais personnellement, je crois que ce sera bénéfique d’avoir un aréna plus près du centre-ville. 

Ce sera meilleur pour l’équipe et pour les partisans, ça va aider à augmenter l’assistance. Je pense que le projet pourrait devenir réalité d’ici quatre ou cinq ans. 

9. À vos yeux, que signifie la nouvelle législation sur le bilinguisme d’Ottawa, adoptée en décembre ?

Ça donne à la communauté francophone l’assurance qu’un nouveau maire ou un nouveau conseil municipal n’aura pas le droit de réduire le niveau de services en français. Ça leur assure un minimum de services. Comme j’ai toujours dit, mon but est de continuer à améliorer les services dans tous les coins de la ville. 

10. Si vous êtes réélu, est-ce réaliste de vous engager de nouveau à limiter les hausses de taxes municipales à 2 % par an ?

C’est toujours un défi, car il y a plusieurs demandes dans la communauté. En même temps, je pense que c’est important pour les élus de contrôler les dépenses. Je vais annoncer mon plan pendant les élections, car je ne sais pas encore quelle sera ma cible.

11. La mise en service du train léger a été retardée. Les citoyens vont-ils pouvoir aller voter aux élections municipales en empruntant le train léger en octobre ? 

Oui. J’ai toujours dit que le train serait prêt en 2018, mais le mois exact sera annoncé bientôt. Mais certainement que ce sera avant les élections.

12. Seriez-vous prêts à vous engager à annoncer un lien vers Gatineau pour le O-Train durant un troisième mandat ?

Pour moi, le rêve est de prolonger le tracé du train léger d’abord vers Kanata, puis vers Gatineau. Nous n’avons pas l’argent dans notre budget pour le faire en ce moment, mais je veux travailler avec le maire Pedneaud-Jobin et les députés pour convaincre les gouvernements de réaliser ces étapes qui sont naturelles à mon sens.

13. Quel film attendez-vous impatiemment la sortie en 2018 ?

Le Post, avec Tom Hanks et Meryl Streep (en salles depuis le 12 janvier). J’aime l’industrie des journaux, j’ai travaillé pour un quotidien quand j’étais étudiant en journalisme à l’Université Carleton. 

Et je suis triste que plusieurs journaux aient fermé leurs portes à Ottawa, car ce n’est pas bon pour la démocratie.

14. Avez-vous pris une résolution pour la nouvelle année ? Si oui, est-ce indiscret de savoir laquelle ? 

Non, car quand j’en ai pris dans le passé, je ne les respectais plus après quelques semaines. Chaque fois, je souhaite manger mieux et ne pas trop consommer de fast-food comme McDonald’s ou Tim Hortons, mais c’est difficile pour moi, car j’aime les cheese burgers et les frites ! (rires). 

15. Ottawa a été une une pionnière avec sa loi anti-tabac en 2001. 17 ans plus tard, le cannabis s’apprête à être légalisé au pays. Comment entrevoyez-vous la situation ? 

Ce sera un vrai défi pour les municipalités. Il sera nécessaire que la province nous accorde de l’argent pour que les forces de l’ordre soient en mesure de faire respecter la loi. Il y aura aussi les enjeux de la conduite avec les facultés affaiblies et les commerces illégaux. 

16. Y a-t-il un élément rattaché à Gatineau que vous enviez ?

Les Mosaïcultures. Ç’a été un spectacle incroyable. Il y a eu plus d’un million de visiteurs, alors avec La Machine de notre côté, ç’a été les deux plus grands succès des célébrations du 150e. 

17. Advenant que vous deviez quitter la table du conseil, de qui allez-vous le plus vous ennuyer à la table du conseil ? 

Je ne crois pas que ce serait une bonne idée de nommer un élu. 

18. Avec la hausse marquée du nombre de meurtres et de fusillades, le bilan de la criminalité est peu reluisant à Ottawa depuis quelques années. Ça vous inquiète ?

C’est toujours une préoccupation sérieuse pour moi. C’est la raison pourquoi j’ai ajouté 75 nouveaux agents de police dans les trois derniers budgets, qu’on a donné 400 000 $ à Prévention du crime Ottawa pour leur stratégie sur les gangs, etc. Ça inquiète les familles qui habitent dans les quartiers problématiques.

Entrevue menée par Daniel LeBlanc