Le commissaire au services en français, François Boileau.

«J’ai toujours eu le pouvoir d’enquêter», dit le commissaire Boileau

« On ne peut pas dire qu’on a une très belle collaboration avec la Ville d’Ottawa », affirme le commissaire aux services en français (CSF) de l’Ontario, François Boileau, qui espère que la nouvelle loi sur le statut bilingue de la capitale permettra de faire tourner le vent.

Le chien de garde linguistique de la province, qui s’est fait assez discret depuis que le mouvement #OttawaBilingue a gagné sa bataille, croit que ce changement pourrait avoir des répercussions concrètes. 

« Je souhaite qu’avec cet élan positif, on puisse avoir une nouvelle approche positive entre nos deux institutions. [...] Je n’ai pas commenté la semaine dernière, car je pense que ce n’était pas mon projet. Je laissais ceux qui ont milité pour ça être à l’avant-scène », a-t-il lancé en entrevue avec Le Droit. 

S’étant toujours publiquement affiché en faveur du statut bilingue d’Ottawa, M. Boileau se dit satisfait de ce qu’il qualifie comme un grand pas de plus vers l’avant. Il ne cache cependant pas que le projet de loi aurait pu être encore plus clair. 

En matière d’enquête sur les pratiques de l’administration municipale, c’est le statu quo pour le commissaire. Il rappelle qu’il a toujours eu le pouvoir de scruter à la loupe la Ville d’Ottawa si des plaintes lui sont formulées, et ce, sur plusieurs aspects. Les seuls domaines où il n’a pas la compétence d’intervenir sont la police, les bibliothèques, Hydro Ottawa et les logements sociaux. 

Le CSF peut se pencher sur plusieurs cas, par exemple un manque de cours prénataux en français, des factures unilingues en anglais, les services de garde ou encore la santé publique. 

« Ce pouvoir d’enquête-là, plusieurs ignoraient que je l’avais, même si je l’ai répété à maintes reprises. Les gens ne doivent pas hésiter à porter plainte. Nous ne sommes pas un bureau de dernier recours, ils peuvent cogner à notre porte avant même de s’adresser à la Ville. J’ai compétence sur la Ville d’Ottawa depuis le début et la loi ne vient pas changer ça. J’ai plusieurs avis juridiques sur la question. Si ça se trouve, elle vient même le confirmer davantage », affirme François Boileau.

Le commissaire espère pouvoir rencontrer le maire Jim Watson, Direction des services en français et les membres du Comité consultatif sur les services en français de la Ville d’Ottawa dès que possible en 2018 afin de leur rappeler leur obligations et d’améliorer la collaboration.