Le CIS de Prévention des surdoses Ottawa dans la Basse-Ville est forcé de réduire ses heures d’ouverture à compter de janvier, conséquence directe des coupes annoncées en mars dernier par le gouvernement de l’Ontario.

Injection supervisée: diminution du service dans la Basse-Ville

Le centre d’injection supervisée (CIS) de Prévention des surdoses Ottawa (PSO) dans la Basse-Ville est forcé de réduire ses heures d’ouverture à compter de janvier, conséquence directe des coupes annoncées en mars dernier par le gouvernement de l’Ontario.

Le gouvernement fédéral avait octroyé un financement temporaire pour assurer le maintien de ce service. Le CIS de la Basse-Ville est situé sur la rue Clarence, près du refuge les Bergers de l’espoir.

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, souligne que le centre ne fermera pas ses portes complètement puisque la Ville et Santé publique Ottawa ont décidé, malgré les coupures, de financer en partie ses activités.

«Encore une fois, on est pris à couvrir les frais de service que la province devrait offrir», indique M. Fleury.

Le député provincial d’Ottawa-Centre, le néodémocrate Joel Harden, abonde dans le même sens. Même si peu de nouvelles compressions ont été dévoilées dans l’énoncé économique du gouvernement mercredi, il estime que cet exercice relève du marketing. La situation avec le CIS de la rue Clarence en est un exemple, selon lui.

«Le gouvernement a renversé certaines coupures en santé publique, mais ce n’est que pour un an. Après, c’est possible qu’on ramène ces coupures, déplore M. Harden. Ces centres ont besoin d’argent pour s’attaquer à la crise des opioïdes. On a déjà l’expertise dans nos communautés, mais on manque d’argent.»

Repenser le «war on drugs»

M. Fleury estime que les CIS sont des outils importants pour sauver des vies dans le contexte de crise des opioïdes. L’élu estime toutefois qu’il faut élargir la réflexion sur cet enjeu.

Le conseiller de Rideau-Vanier croit qu’il faut mettre fin à la répression face aux toxicomanes, l’approche du «war on drugs» en vigueur dans la majorité du monde occidental depuis le début du 20e siècle. Il propose qu’on évalue la possibilité de distribuer des drogues «propres» aux personnes avec un problème de consommation.

D’un côté, les autorités pourraient limiter le nombre de surdoses aux opioïdes souvent mélangées avec d’autres formes de drogues achetées sur le marché noir. De l’autre, Mathieu Fleury croit que ça permettrait de diminuer le taux de criminalité dans plusieurs communautés.

« Ça sonne un peu bizarre, dire qu’on va distribuer des stupéfiants aux toxicomanes, mais il faut penser à la criminalité différemment, lance l’élu. Le gars qui a besoin de s’injecter 11 fois par jour, il doit commettre 11 crimes par jour dans notre quartier pour payer sa drogue. »