Le conseiller Rick Chiarelli
Le conseiller Rick Chiarelli

Inconduite sexuelle: le salaire de Chiarelli suspendu 9 mois

Le conseiller du quartier Collège à Ottawa, Rick Chiarelli, ne sera pas rémunéré pendant environ 9 mois pour avoir contrevenu au Code de conduite des élus d’Ottawa.

L’élu fait l’objet de plusieurs allégations d’inconduite sexuelle et unanimement, ses collègues du conseil municipal ont décidé de lui imposer la sanction maximale prévue au Code de conduite.

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Après une longue enquête, le commissaire à l’intégrité d’Ottawa, Robert Marleau, a conclu que l’élu du quartier Collège avait eu à au moins trois reprises eu un comportement déplacé à l’endroit de candidate à un poste au sein de son bureau. Il recommandait au conseil municipal de lui imposer trois suspensions salariales consécutives de 90 jours.

«Je suis d’avis qu’une suspension salariale devrait être imposée uniquement dans les cas les plus extrêmes, a expliqué le commissaire à l’intégrité mercredi. Dans certains contextes, une personne qui fait l’objet d’une enquête exprimera des remords ou présentera des excuses. Ici, tout ce que j’avais, c’est une déclaration publique pour démentir les allégations, une affirmation dont j’ai pu infirmer la crédibilité.»

Rappelons que M. Chiarelli a refusé à plusieurs reprises de participer à l’enquête du commissaire à l’intégrité, même lorsqu’un huissier s’est présenté à sa résidence.

Lorsque questionné par le conseiller de Rideau-Goulburn, Scott Moffatt, sur la possibilité d’imposer des sanctions supplémentaires, le commissaire à l’intégrité a indiqué au conseil mercredi avoir considéré de plus amples sanctions comme une exclusion de l’ensemble des comités auquel siège Rick Chiarelli.

«Puisque je proposais déjà la pénalité maximale, j’ai pensé que je devrais m’en tenir à ça. Le conseil a toutefois la liberté d’aller plus loin, s’il le souhaite», a souligné Robert Marleau.

Malgré cette suspension salariale, M. Chiarelli pourra continuer d’accomplir ses fonctions à titre de conseiller municipal en plus de dépenser le budget de son bureau de façon discrétionnaire, en fonction des règles encadrant ces dépenses.

Rappelons que Rick Chiarelli conteste devant les tribunaux la validité de l’enquête du commissaire à l’intégrité. Depuis plusieurs mois, les avocats de l’élu du quartier Collège font valoir qu’il s’agit d’un enjeu qui relève le Tribunal des droits de la personne.

Dans sa demande de contrôle judiciaire, M. Chiarelli affirme également que Robert Marleau et plusieurs membres du conseil municipal ont démontré un biais contre lui depuis qu’une première plainte a été déposée contre lui.


« Dans certains contextes, une personne qui fait l’objet d’une enquête exprimera des remords ou présentera des excuses. Ici, tout ce que j’avais, c’est une déclaration publique pour démentir les allégations, une affirmation dont j’ai pu infirmer la crédibilité. »
Robert Marleau

Nouveau processus d’embauche

Le conseil municipal a également adopté mercredi les changements recommandés par l’administration pour améliorer les processus d’embauche et les conditions de travail des employés aux bureaux politiques.

L’approche élaborée par l’administration propose la création d’une trousse de recrutement pour les membres du conseil municipal, une formation obligatoire pour les nouveaux élus et une refonte du contrat de travail des employés d’élus de la Ville d’Ottawa pour que leur statut soit moins précaire.

Deux motions sont venues renforcer ce que suggérait l’administration, notamment la présence obligatoire d’un représentant du bureau du greffe ou celui des ressources humaines durant toute entrevue pour un poste à un bureau de conseiller.

Le maire, Jim Watson, estime que si cette mesure avait été instaurée plus tôt, elle aurait «absolument pu prévenir le type de situations vues avec Rick Chiarelli».

Le service des ressources humaines a également été mandaté de créer une structure qui permettrait aux employés des bureaux politiques de dénoncer des comportements abusifs de la part de leur employeur.