Le conseil municipal d’Ottawa demande officiellement à un des leurs, le conseiller du quartier Collège, Rick Chiarelli, de remettre sa démission.
Le conseil municipal d’Ottawa demande officiellement à un des leurs, le conseiller du quartier Collège, Rick Chiarelli, de remettre sa démission.

Inconduite sexuelle: le conseil municipal réclame la démission de Rick Chiarelli

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Le conseil municipal d’Ottawa demande officiellement à un des leurs, le conseiller du quartier Collège, Rick Chiarelli, de remettre à sa démission.

Une motion déposée mercredi par les représentants des quartiers Baie et Rideau-Vanier, Theresa Kavanagh et Mathieu Fleury, invitant M. Chiarelli à remettre sa démission a été adoptée unanimement par le conseil municipal. Le principal intéressé s’est déclaré en conflit d’intérêts sur cet enjeu à l’ordre du jour du conseil et s’est abstenu de voter.

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Dans la dernière année — soit depuis que les allégations d’inconduite sexuelle contre le conseiller du quartier Collège ait été dévoilées par CBC Ottawa —, certains élus ont exprimé leur désir de voir Rick Chiarelli démissionner. C’est la première fois que le conseil municipal adopte une position officielle sur la question.

«J’espère qu’il prend des notes aujourd’hui et qu’il constate que le tort qu’il a causé se propage de plus en plus chaque jour [en raison de l’inconfort qu’il provoque]», a lancé le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper.

Les élus de la Ville d’Ottawa ont également adopté les recommandations comprises dans le second rapport du commissaire à l’intégrité, Robert Marleau, au sujet de la conduite du conseiller, soit que son salaire soit suspendu pendant 90 jours — pénalité maximale en vertu du Code de conduite des élus — pour les 3 plaintes pour lesquelles il a été reconnu coupable par M. Marleau.

Il s’agit d’une seconde suspension salariale de 180 jours pour Rick Chiarelli adoptée par le conseil municipal en 2020.

Rappelons que dans son plus récent rapport d’enquête, Robert Marleau souligne que «la conduite du défendeur dénote un manque flagrant et choquant de respect à l’égard des plaignantes, un respect qui leur était pourtant dû et qui était exigé de lui en vertu du Code de conduite».

« Il planifiait et mettait à exécution de soi-disant campagnes de recrutement de bénévoles en exploitant la sexualité de ses employées; il a abusé de son personnel en lui demandant de s’acquitter de tâches et de fonctions qui n’avaient pas leur place; il a eu recours à l’intimidation et à des stratagèmes visant à diviser le personnel, notamment des menaces de congédiement et de représailles afin d’obliger les employés à se soumettre à ses demandes », indique M. Marleau dans son rapport.


« J’espère qu’il prend des notes aujourd’hui et qu’il constate que le tort qu’il a causé se propage de plus en plus chaque jour. »
Jeff Leiper

Restreindre l’accès aux édifices municipaux

Le conseil municipal a demandé au greffier municipal et à l’avocat général de la Ville d’identifier des moyens d’imposer davantage de restrictions au conseiller Chiarelli, de façon à «limiter son accès au personnel et aux édifices municipaux», selon la motion de la conseillère de Kanata-Nord, Jenna Sudds, adoptée à l’unanimité.

Les collègues de l’élu du quartier Collège ont exprimé leur volonté de protéger le personnel de la Ville d’Ottawa et d’éviter des malaises aux potentielles victimes d’agression ou d’harcèlement sexuel parmi les employés de la municipalité.

«Si M. Chiarelli devait se présenter à mon bureau, ou si je devais le croiser à l’hôtel de ville, je me sentirais extrêmement inconfortable et je suis une femme en position de pouvoir», a lancé la conseillère de Cumberland, Catherine Kitts.

La motion de Mme Sudds demande également à ce que Rick Chiarelli — s’il décide de rester en poste — soit uniquement autorisé à assister aux réunions du conseil de façon électronique, même lorsque la crise sanitaire sera contrôlée et que les élus pourront se rassembler en personne.

Si des règlements ne permettent pas d’imposer une telle restriction à M. Chiarelli, la motion adoptée par le conseil municipal prévoit qu’un siège alternatif lui soit attitré, de façon à ce qu’aucun conseiller n’ait à s’asseoir à côté de lui.