Le maire Jim Watson, qui affirme avoir plus d’empathie pour les gîtes que pour Airbnb.

Grogne dans les gîtes à Ottawa

Les gîtes touristiques, communément appelés bed & breakfast, veulent être exemptés de la nouvelle taxe municipale sur l’hébergement de 4 % que la Ville d’Ottawa pourrait imposer dès le 1er janvier à la clientèle de l’industrie hôtelière et des plateformes web de location comme le géant Airbnb.

En ne dissociant pas ces petits établissements du reste de l’industrie, Ottawa « compare des pommes avec un grain de sel », affirme le propriétaire du King Edward Bed & Breakfast, Richard Gervais, en affaires depuis 25 ans.

La majorité de ses collègues et lui n’en ont pas tant contre le fait que leurs clients devraient payer une taxe supplémentaire sur leur facture, mais plutôt contre la lourde tâche administrative qui leur serait ainsi imposée du jour au lendemain.

« La grande majorité des gîtes à Ottawa ont deux ou trois chambres. Ça n’apporte pas assez de revenus, c’est impossible de vivre de ça. Dans mon cas, ça aide à payer des voyages, pour d’autres c’est l’hypothèque, les taxes, etc. Ça ne paraît pas, mais il y a déjà beaucoup de paperasse, en plus de toutes les responsabilités qui entourent un gîte. […] Cette taxe serait un fardeau administratif additionnel qu’on ne veut pas avoir », lance-t-il.

L’homme d’affaires affirme qu’on ne peut absolument pas comparer les ressources humaines des hôtels avec celles des gîtes.

« Un hôtel a un agent financier pour s’occuper des 400 chambres, alors qu’avec Airbnb, aucun propriétaire individuel ne s’occupe de la perception des taxes. C’est la compagnie qui le fait en leur nom. Dans le cas des 20 ou 25 gîtes, ça voudrait dire que 20 ou 25 personnes seraient obligées de le faire chaque mois. On est déjà débordés. La majorité des gîtes restent ouverts cinq ans car les gens démissionnent », poursuit-il.

Les propriétaires de gîtes ont tous plaidé pour qu’Ottawa s’inspire du modèle de l’Alberta, qui exempte de ce type de taxe les établissements de quatre chambres ou moins.

M. Gervais soutient que de toute manière, l’impact financier serait très minime car les gîtes représenteraient bien en deçà de 1 % des revenus qu’engendrait cette nouvelle taxe.

De leur côté, des organisations comme Tourisme Ottawa et l’Association des hôtels d’Ottawa-Gatineau se montrent favorables à l’imposition de cette taxe.

D’autre part, selon la recommandation de l’administration municipale, la pénalité imposée à un lieu d’hébergement qui ne verserait pas à la Ville les taxes perçues sur une base mensuelle pourrait écoper d’une amende minimale de 500 $ par jour , ce que M. Gervais qualifie de ridicule.

Comme le sujet a fait l’objet de plusieurs discussions, le Comité des finances et du développement économique a décidé de renvoyer la question au conseil municipal lors de la réunion du 13 décembre.

« Je ne suis pas surpris des critiques, on en avait entendu parler. Personne ne veut payer plus de taxes, je le comprends. Il y a encore certaines questions
auxquelles nous devrons répondre », de dire le maire Jim Watson, qui affirme avoir plus d’empathie pour les gîtes que pour Airbnb.