Au rythme actuel, la Ville d'Ottawa devra ouvrir un nouveau site d’enfouissement au cours des prochaines décennies.
Au rythme actuel, la Ville d'Ottawa devra ouvrir un nouveau site d’enfouissement au cours des prochaines décennies.

Gestion de matières résiduelles: Ottawa veut éviter l’ouverture d’un nouveau dépotoir

La Ville d’Ottawa a du pain sur la planche pour réduire la quantité de déchets envoyés au dépotoir. À ce rythme, elle devra ouvrir un nouveau site d’enfouissement au cours des prochaines décennies.

«L’avant-dernière de nos options sera la construction d’un incinérateur et la toute dernière option sur la table serait l’ajout d’un autre site d’enfouissement», insiste le président du Comité permanent de la protection de l’environnement, de l’eau et de la gestion des déchets, Scott Moffatt.

«Je refuse de voir un autre dépotoir être construit dans cette ville, on ne devrait pas construire un nouveau site d’enfouissement», s’est quant à lui insurgé le conseiller du quartier Rivière, Riley Brockington, durant une séance d’information technique jeudi matin.

Les services municipaux présentaient aux élus et aux médias les fruits de la première phase du renouvellement de son Plan directeur de la gestion des déchets solides qui consistait à dresser le portrait complet des opérations de la Ville.

Meilleur triage nécessaire

Au rythme actuel, la décharge du chemin Trail atteindra sa pleine capacité d’ici 2041, selon les services municipaux. L’une des causes évidentes est le décevant taux de réacheminement pour l’ensemble de la Ville (44%), soit le pourcentage de matières résiduelles mises au recyclage ou dans le bac de compostage.

La Ville a pourtant investi près de 300000$ en initiatives de communication et de sensibilisation en 2019 pour informer les résidents sur la façon appropriée de trier leurs déchets.

«La participation pour les gens qui laissent leur bac au bord du chemin est plutôt élevée», indique M. Moffatt pour défendre l’efficacité des mesures de sensibilisation.


« [...] La toute dernière option sur la table serait l’ajout d’un autre site d’enfouissement. »
Scott Moffatt

Celui pointe plutôt du doigt les immeubles à logements multiples — où le taux de réacheminement était de 17% en 2019 — pour expliquer le faible taux de réacheminement.

La politique actuelle ne force pas les propriétaires et gestionnaires de ces bâtiments d’offrir un accès à un bac vert (compost) à leurs résidents. De fait, seulement 36% de ces édifices le font, selon la gestionnaire de la planification à long terme de la Ville, Nichole Hoover-Bienasz.

«On pourrait le rendre obligatoire, mais l’enjeu, c’est que ça prend un suivi punitif si ce n’est pas fait», indique Scott Moffatt.

À la lumière de ces constats, Mme Nichole Hoover-Bienasz et son équipe vont plancher sur la deuxième phase du renouvellement du Plan directeur de la gestion des déchets solides durant laquelle des actions concrètes seront présentées au conseil municipal.

«Nous étudierons toutes les options de programmes et de politiques», souligne Nichole Hoover-Bieneasz, ce qui inclut des façons de rendre obligatoire la présence des bacs verts dans les immeubles à logement multiples et l’étude de certaines formes de tarification pour inciter les résidents à mieux trier leurs déchets.