Le coût pour monter à bord d’un autobus demeurera inchangé le 1er juillet, date à partir de laquelle les tarifs devaient en principe grimper.

Gel des tarifs chez OC Transpo

Les tarifs d’OC Transpo seront gelés jusqu’à ce que le train léger soit mis en service à Ottawa, a tranché le conseil municipal mercredi à l’issue d’une journée de débats houleux où quelques élus ont exprimé leur mécontentement face à un système de transport en commun qu’ils qualifient de déficient.

Le coût pour monter à bord d’un autobus demeurera donc inchangé le 1er juillet, date à partir de laquelle les tarifs devaient en principe grimper.

La conseillère Diane Deans, qui affirme que plusieurs usagers en ont carrément ras-le-bol et se tournent vers Uber ou Lyft en raison des retards importants sur le réseau, militait fermement pour que les tarifs soient plutôt abaissés en attendant que la Ligne de la Confédération soit ouverte. Mais sa motion n’a pas convaincu ses collègues, qui l’ont rejeté à 18 contre 6. C’est plutôt la motion du maire Jim Watson pour un gel des tarifs qui a fait l’unanimité.

« On ne devrait pas exiger un tarif complet pour quelque chose qui n’est pas fiable. On ne peut pas continuer de prendre nos clients pour acquis. Si le retard pour le train léger se prolonge, on va perdre de la clientèle. [...] Quand je vais à la station-service, si je ne reçois que les trois quarts du réservoir, je ne m’attends pas à payer pour un réservoir plein. Ce manque de fiabilité entraîne des coûts pour les usagers », a-t-elle imagé.

Le dirigeant d’OC Transpo, John Manconi, a indiqué qu’une diminution des tarifs de 30 %, à titre d’exemple, se traduirait en un manque à gagner de 29 millions $ pour la Ville sur une période six mois. Un montant qui serait difficile à récupérer par la suite, dit-on.

Plusieurs élus n’ont pas hésité à prendre la balle au bond, se servant de cette somme d’argent pour argumenter qu’une baisse des tarifs n’était pas une solution viable dans le contexte actuel.

« Une réduction de tarifs ne va pas augmenter la fiabilité, ça risque même de faire du tort à la Ville. Un gel est raisonnable, je pense, ça reconnaît qu’il y a des problèmes de service à OC Transpo », de dire Riley Brockington.

Quant à Stephen Blais, il dit préférer que son autobus « arrive à temps plutôt que d’économiser quelques cents sur un billet ».

Même si elle n’a pas appuyé la motion de Mme Deans, Carol Anne Meehan a sévèrement critiqué la situation actuelle.

« Montrons aux gens que nous sommes sérieux. Cette ville a un million d’habitants et un a besoin d’un bon transporteur public. S’il faut fermer des routes et réserver des voies aux autobus, faisons-le. Les gens de mon quartier en ont assez. Nous sommes la capitale canadienne et ce qu’on voit est une honte », s’est-elle exclamée.

Le maire Watson pense que le gel était la solution la plus raisonnable.

« C’est une bonne idée, pour donner un répit aux passagers d’OC Transpo. Il y a des retards dans le système, ça va aider la population », a-t-il lancé.

Par ailleurs, il a monté le ton et a tenu à rappeler à l’ordre certains élus, comme Diane Deans, qui ont pointé du doigt des membres de l’administration municipale. Il les a implorés de présenter des excuses pour s’être attaqué à la réputation de M. Manconi, par exemple.

Durant le débat, Mme Deans a déploré « une politisation du personnel », se disant exaspérée que de l’information ne soit donnée « qu’à un seul camp ».

« Ce n’est pas vraiment juste. Il faut faire preuve de respect, ce n’est pas une attitude professionnelle », dénonce M. Watson.

On a appris que la semaine dernière que les clés du train léger ne pourraient être remises à la Ville le 30 juin tel qu’anticipé. Un certificateur indépendant a tranché que le Rideau Transit Group (RTG) ne remplissait pas les critères pour l’achèvement substantiel des travaux.

Une nouvelle date limite pour la remise des clés du train doit être fournie à la Ville d’ici le week-end.

La prochaine mise à jour sur le sujet aura lieu le 2 juillet lors de la réunion du Comité des finances et du développement économique.

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Train léger : Watson rencontrera le pdg d’Alstom

Tandis que les retards sur l’échéancier initial s’accumulent et qu’on ignore toujours à quel moment aura lieu la mise en service de la Ligne de la Confédération, le maire Jim Watson a confirmé mercredi qu’il rencontrera la semaine prochaine le président de la multinationale française Alstom, fabricant des véhicules du train léger. 

Le premier magistrat discutera avec Henri Poupart-Lafarge, qui sera accompagné du vice-président de l’entreprise pour l’Amérique du Nord, Jérôme Wallut. Il souhaite leur lancer un message on ne peut plus clair. « Je veux leur dire à quel point nous sommes frustrés et dérangés, que ce soit la Ville ou les usagers, à qui on avait promis de mettre en service un nouveau système de transport il y a un an. Je veux obtenir de leur part des plans spécifiques au sujet de la feuille de route. Nous devons nous assurer que le train sera opérationnel, après 12 jours d’essais, et que nous aurons les clés en main dès que possible », a-t-il affirmé.