Soukaina Boutiyeb, présidente de l’ACFO

Formation linguistique: «ça soulève des doutes»

« J’ai appris par expérience que souvent, quand on cache quelque chose, c’est qu’il y a un problème, soutient Soukaina Boutiyeb, présidente de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO). Cette manière-là de fonctionner, de ne pas donner toute l’information sur la situation, ça ne fait que soulever des doutes et ça amène les personnes à penser au pire. »

Appelée à réagir aux articles parus dans l’édition du Droit de vendredi matin, concernant le peu d’information disponible au sujet de la formation linguistique des employés de haute direction qui doivent être en mesure de s’exprimer dans les deux langues à la Ville d’Ottawa, Mme Boutiyeb croit que les citoyens ont le droit de savoir si les employés de la haute direction suivent des cours et dans quelle mesure ils le font.

Selon elle, il ne devrait pas y avoir d’exemption accordée pour les titulaires de ces postes.

« Je pense que c’est un absolu que la personne soit capable et soit en mesure de comprendre, mais aussi de parler les deux langues officielles, ajoute la présidente de l’ACFO. Je ne suis pas sûr qu’un unilingue francophone aurait accès à ce genre de poste et qu’on lui permettrait d’apprendre l’anglais après. »

Le conseiller municipal Mathieu Fleury affirme lui aussi que la situation soulève des doutes. « Je n’ai pas de raison de douter que les gens essaient de s’améliorer, mais je pense que ça revient à deux questions fondamentales. Premièrement, c’est important d’avoir les qualifications requises dès l’embauche. Sinon, c’est important d’avoir un élément d’évaluation officiel. »

Plusieurs questions restent sans réponse, selon le conseiller du quartier Rideau-Vanier. L’exemption ne devrait pas toucher l’obligation de suivre des cours de langue, mais servir à un employé d’accéder à un poste en attendant d’atteindre le niveau de bilinguisme requis. « Tout le monde devrait suivre des cours pour atteindre les exigences de la politique. Je ne suis pas d’accord avec ce que la Ville dit sur les exemptions », soutient M. Fleury.

Rappelons que selon les données fournies, 13 personnes suivent présentement une formation linguistique, 16 satisfont aux exigences et 14 sont exemptés de celles-ci. De plus, la Ville n’a pas pu préciser le nombre d’heures consacrées à l’apprentissage de la langue de Molière.