Le nombre de chaises à la table du conseil municipal restera le même à Ottawa.

Ford ne compte pas réduire la taille du conseil municipal à Ottawa

Le premier ministre de l’Ontario n’a pas l’intention de réduire le nombre d’élus autour de la table du conseil municipal à Ottawa, comme il l’a fait à Toronto il y a quelques semaines.

« On me demande à l’occasion si j’ai un plan similaire pour Ottawa et dans le reste de la province. Je veux dire que les enjeux de Toronto sont spécifiques à Toronto. Non, nous n’avons pas de plan similaire dans un futur rapproché », a affirmé Doug Ford lors de son discours devant les membres de l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) qui tient son congrès annuel à Ottawa.

Rappelons que le gouvernement progressiste-conservateur a adopté un projet de loi pour réduire de 47 à 25 le nombre de conseillers municipaux à Toronto.

M. Ford affirme que cette reconfiguration permettra d’épargner de l’argent aux électeurs. « Les contribuables sauveront 25 millions $ et on va améliorer la prise de décision dans la ville. La réaction que je reçois sur ce changement est positive », assure M. Ford.

De son côté, le maire d’Ottawa critique la décision de M. Ford. Le premier ministre ne devrait pas s’ingérer dans les affaires municipales, selon lui. « Pour moi, c’est important que la province respecte l’indépendance de la municipalité. Malheureusement, les changements à Toronto, je pense que ce n’est pas juste pour les candidats dans cette ville », confie Jim Watson.

La Ville d’Ottawa doit suivre un processus en 2019 afin de se pencher sur les quartiers municipaux, a souligné M. Watson ajoutant que la décision de reconfigurer les quartiers ou de revoir la taille du conseil reviendra au prochain conseil.

Vente du cannabis

Concernant le modèle de vente du cannabis du gouvernement Ford, M. Watson ne cache pas sa réticence. Les entreprises privées pourront vendre de la marijuana récréative. Ce modèle s’ajoutera aux ventes en ligne qui seront gérées par une agence gouvernementale. 

« Les magasins vont ouvrir en avril, on a encore quelques mois devant nous, mais c’est important de continuer le dialogue. Je n’appuie pas l’ouverture d’un magasin à côté d’une école par exemple. Il manque encore des clarifications sur plusieurs points », soutient le maire Watson.

Doug Ford a assuré qu’il va écouter les villes dans ce processus. Il a annoncé, lundi, que son gouvernement investira 40 millions $ sur deux ans pour aider les municipalités de l’Ontario à se préparer à la légalisation du cannabis et à la vente sur leur territoire.

+

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, était de passage à Ottawa pour s’adresser à l’Association des municipalités de l’Ontario.

LE CONSEIL DE TORONTO CONTESTERA EN COUR LE RÉGIME MINCEUR

TORONTO — Le conseil municipal de Toronto a voté lundi pour lancer une contestation judiciaire de la décision du gouvernement provincial de réduire le nombre de conseillers. La loi – connue sous le nom de projet de loi 5 – a été adoptée la semaine dernière et harmonise la carte des quartiers de Toronto avec les circonscriptions fédérales, réduisant le nombre de conseillers municipaux de 47 à 25 avant les élections municipales de l’automne. 

Le conseil de Toronto a voté à 27 contre 15 pour contester la législation du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford, qui annule également les élections prévues pour le poste de chef de conseil dans les municipalités régionales de Muskoka, Peel, York et Niagara. Le chef de conseil de chaque région sera plutôt désigné.

Le maire de Toronto, John Tory (photo), a affirmé que le calendrier de la législation provinciale - à venir avant les élections municipales du 22 octobre – mettait la ville dans une situation sans précédent. « Le processus par lequel ce changement monumental a été effectué est erroné et inacceptable », a-t-il déclaré. « Il est de notre devoir de représenter la population de Toronto et les intérêts supérieurs de cette ville en tout temps – et de clarifier notre position lorsque nous ne croyons pas que les actions des autres ordres de gouvernement sont dans le meilleur intérêt de notre ville. »

Il a laissé entendre lors de la réunion qu’une contestation judiciaire, peu importe le résultat, pourrait aider à définir les limites de la capacité de la province à légiférer sur des questions touchant Toronto et les « principes démocratiques constitutionnels ».

Le conseiller Joe Cressy a soutenu que permettre à la décision provinciale de ne pas être contestée créerait un dangereux précédent et a suggéré que les motivations de Doug Ford étaient plus personnelles que politiques. « C’est parce qu’il n’est rien de plus qu’un mauvais perdant », a soutenu le conseiller.

Avec La Presse canadienne