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L’administration de la Ville d’Ottawa a élaboré un plan de 215 millions $ qu’elle croit en mesure d’éliminer l’itinérance chronique d’ici 10 ans dans la capitale fédérale. Il faudrait des investissements beaucoup plus importants pour atteindre ces objectifs, croient répliquent certains conseillers municipaux.
L’administration de la Ville d’Ottawa a élaboré un plan de 215 millions $ qu’elle croit en mesure d’éliminer l’itinérance chronique d’ici 10 ans dans la capitale fédérale. Il faudrait des investissements beaucoup plus importants pour atteindre ces objectifs, croient répliquent certains conseillers municipaux.

Fin de l'itinérance chronique: un plan financier qui divise à Ottawa

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
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L’administration de la Ville d’Ottawa a élaboré un plan de 215 millions $ qu’elle croit en mesure d’éliminer l’itinérance chronique d’ici 10 ans dans la capitale fédérale. Il faudrait des investissements beaucoup plus importants pour atteindre ces objectifs, répliquent certains conseillers municipaux.

Si le Plan financier à long terme des services du logement est adopté, la Ville d’Ottawa investira en moyenne 20,6 millions $ par année jusqu’en 2030 pour le logement abordable. Il s’agit du plus important investissement annuel de l’histoire de la capitale fédérale dans ce domaine.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, s’est dit satisfait du document préparé par l’administration. Il estime que la Ville sera mieux placée que jamais pour obtenir de l’aide financière des gouvernements fédéral et provincial pour le logement abordable.

«Nous n’aurons jamais été aussi clairs dans nos demandes, a soutenu M. Watson mardi matin. Nous avons un plan clair et les montants nécessaires pour réaliser ses objectifs sont clairs aussi.»

Jim Watson, maire d'Ottawa

«Obtenir une stabilité dans le financement, c’est un bon début, mais il va définitivement en falloir beaucoup plus [pour éliminer l’itinérance chronique]», a pour sa part indiqué la présidente-directrice générale des Bergers de l’espoir, Deirdre Freiheit.

Quatre élus membres du comité conjoint des finances et des services communautaires se sont toutefois opposés à l’adoption de ce plan jeudi. Catherine McKenney — qui représente le quartier Somerset — a exprimé de sérieux doutes quant à la capacité de la municipalité à éliminer l’itinérance chronique d’ici 2030 avec les investissements prévus.

«Nous devons prévoir au moins autant d’argent pour les investissements en capital que ce que nous payons chaque année pour les refuges et l’hébergement d’urgence», a pour sa part indiqué le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury.

Partenariat controversé maintenu

Après de longues discussions, le comité conjoint a repoussé mardi sa décision sur la résiliation d’un partenariat controversé avec le propriétaire d’un immeuble à logements de Vanier.

En manque de chambres d’hôtel disponibles pour offrir de l’hébergement d’urgence à des familles en situation d’itinérance, la Ville a conclu une entente il y a quelques années avec le propriétaire du Ottawa Inn sur le chemin Montréal afin que des familles soient logées dans le bloc d’appartements Tabor qu’il venait d’acquérir.

Les appartements sont loués à la Ville aux mêmes tarifs qu’une chambre d’hôtel, mais le propriétaire, Ahmed Syed, s’est engagé à livrer les mêmes services qu’un hôtel, comme payer pour une connexion Internet et l’électricité, ainsi que prodiguer des draps propres sur une base régulière aux résidents des lieux.

Shelley VanBuskirk, gestionnaire aux services du logement de la Ville, a expliqué au comité conjoint que les options d’hébergement d’urgence étaient particulièrement rares pour les grandes familles et que Tabor répondait à tous les besoins de la municipalité à ce moment-là.

Les conseillers Mathieu Fleury (Rideau-Vanier) et Catherine McKenney (Somerset) proposaient mardi de rompre cette entente avant le 31 juillet après eu vent de nombreuses plaintes au sujet de la salubrité de l’édifice situé sur la rue St-Denis. De nombreux citoyens du quartier et représentants d’organismes communautaires sont venus partager les témoignages de résidents de Tabor qui corroborent les allégations des deux membres du conseil municipal.

«Les gens ont peur d’être vus comme des cas à problèmes et de perdre l’aide qu’ils reçoivent s’ils se plaignent», a indiqué la présidente de l’organisation Chance Égale, Gwen Madiba.

Au final, les élus des deux comités ont plutôt adopté à la majorité une proposition de la conseillère du quartier Innes, Laura Dudas. Cette dernière disait craindre que les familles hébergées à Tabor se retrouvent dans le système des refuges qui débordent en raison de la pandémie si l’entente avec M. Syed était résiliée aussi rapidement. Elle a suggéré la tenue d’un blitz pour trouver du logement abordable à Ottawa afin que ces familles — et d’autres qui sont en situation d’itinérance — obtiennent un foyer permanent.

La pertinence du partenariat entre la Ville et le propriétaire de Tabor sera réévaluée après la tenue de cette initiative.