Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Faire d'Ottawa une ville refuge, Watson n'y croit pas

En refusant d'accorder à Ottawa le titre de ville refuge, le maire Jim Watson «ignore les cris d'alarme de la communauté», selon le Réseau pour une ville sanctuaire à Ottawa.
Cet organisme dénonce «l'incapacité du maire à répondre à leur demande», et déplore que leur requête soit passée sous silence lors du conseil municipal tenu mercredi.
Le statut de ville refuge permet aux immigrants sans papiers d'avoir accès aux services municipaux sans craindre d'être discriminés ou déportés.
«Le maire et les conseillers ont clairement indiqué que, même en présence de preuves évidentes, ils refusent de soutenir toute politique qui rendrait notre ville plus sûre et plus accessible pour tous», a indiqué dans un communiqué de presse la porte-parole du Réseau, Karen Cocq.
M. Watson estime que l'adoption de cette désignation n'est pas nécessaire à Ottawa, puisqu'il «ne pense pas qu'une telle résolution puisse permettre aux gens de se sentir plus à l'aise».
«Parfois, les résolutions font en sorte que certaines personnes se sentent un peu mieux, mais elles ne changent pas grand-chose, a-t-il mentionné. Je suis quelqu'un de pragmatique, et je crois que ce sont les gens sur le terrain qui peuvent aider [les personnes immigrantes] en leur assurant qu'ils n'ont rien à craindre.»
Le maire soutient également que les services municipaux sont déjà accessibles à tous, puisqu'ils ne requièrent aucune preuve de citoyenneté.
«Les gens n'ont déjà pas besoin de passeport ou de documents légaux pour inscrire leurs enfants à des cours de natation ou pour aller se chercher un livre à la bibliothèque», a-t-il illustré.
Malgré tout, le Réseau pour une ville sanctuaire à Ottawa révèle que les gens ayant un statut d'immigration précaire n'osent pas avoir recours aux services municipaux, de peur d'être interrogés sur leur statut de citoyenneté.
Un autre porte-parole de l'organisation, Aditya Rao, affirme que les membres du Réseau ne comptent pas baisser les bras dans ce dossier.
«Le Réseau s'engage à faire d'Ottawa une ville sanctuaire, même si le conseil municipal n'est pas disposé à le faire politiquement», a-t-il mentionné.
Au cours des deux derniers mois, plus de 50 organisations ont donné leur appui au projet de ville refuge. Les villes de Toronto, Montréal, Vancouver, Hamilton, London et Guelph ont déjà adopté des motions pour mettre en oeuvre des politiques de villes sanctuaires.
Marika Bellavance, collaboration spéciale