Jacques de Courville Nicol a lancé le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue en mai.

Faire d'Ottawa une ville bilingue d'ici 2017

Des militants francophones de longue date reprennent le bâton du pèlerin afin de faire d'Ottawa une ville officiellement bilingue d'ici 2017. Le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue réclame que le français et l'anglais aient un statut d'égalité « totalement, légalement, juridiquement et constitutionnellement », à temps pour célébrer le 150e de la Confédération.
Jacques de Courville Nicol a lancé le Mouvement en mai dernier, avec l'aide de la titulaire de la Chaire de recherche de l'Université d'Ottawa sur la francophonie et les politiques publiques, Linda Cardinal, ainsi que du conseiller juridique en matière de droits linguistiques, Me Gérard Lévesque.
« Notre but est d'informer les gens de ce qui se passe au sujet du bilinguisme, de faire de la recherche pour bien documenter nos démarches ainsi que de rassembler les différents organismes. Nous ne prenons pas de décisions pour personne, nous ne faisons que rassembler », explique M. de Courville Nicol, qui milite pour le bilinguisme depuis près de 50 ans.
Le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue a lancé un appel aux citoyens sur le Web afin d'obtenir un soutien financier ou idéologique.
Le bilinguisme officiel de la ville d'Ottawa est une revendication de longue date, dans la région de la capitale. Déjà, le 14 février 1970, la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme recommandait que dans la capitale fédérale, « le français et l'anglais aient un statut d'égalité totale, et que l'ensemble des services dispensés au public soit partout accessible dans les deux langues officielles ».
Jacques de Courville Nicol reconnaît que la tâche est ardue, puisque la pression doit s'exercer sur trois paliers de gouvernement. « Il faudrait que le municipal, le provincial et le fédéral travaillent dans la même direction pour que le dossier avance », dit-il.
Le militant de longue date, récipiendaire du Prix Grandmaître en 2009, promet que le mouvement prendra de l'ampleur d'ici 2017. « C'est un crescendo dans lequel plusieurs actions seront faites selon les élections municipales d'Ottawa et les élections fédérales. » Les actions ne se limiteront pas au Web. Le mouvement a déjà commencé à interpeller des acteurs politiques.
Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, et le candidat dans Innes, François Trépanier, ont tous deux appuyé le bilinguisme officiel de la capitale. Le maire d'Ottawa reste toutefois opposé au projet. « Je pensais que Jim Watson était un ami du bilinguisme, se désole M. de Courville Nicol. Je lui ai envoyé une lettre avec des arguments probilinguisme, mais il m'a répondu que selon lui, ce n'était pas quelque chose de nécessaire. »
Le Mouvement assure vouloir travailler main dans la main avec les anglophones et non leur faire peur. « Nous avons beaucoup d'appuis des anglophones parce qu'ils y voient une forme de justice », assure M. de Courville Nicol.