Embauche d'un cadre unilingue: le CCSF ne s'inquiète pas

Le Comité consultatif sur les services en français (CCSF) de la Ville d'Ottawa ne s'offusque pas outre mesure de l'embauche récente d'un nouveau cadre unilingue anglophone à la Ville d'Ottawa.
« J'ose croire que la Ville a fait toutes les démarches possibles pour recruter un candidat dit bilingue et si je me fie à la politique de bilinguisme, la Ville a suivi les étapes requises par celle-ci », a indiqué jeudi soir au Droit la présidente Johanne Leroux, en marge d'une réunion trimestrielle du Comité. Le rôle du comité n'est pas de remettre en question la politique mais de s'assurer de sa mise en oeuvre. »
Cette dernière affirme avoir confiance que les cours de français qu'aura à suivre le directeur général de la Direction générale de la planification, de l'infrastructure et du développement économique, Stephen Willis, qui bénéficie d'une exemption à cette politique municipale, lui permettront de s'exprimer convenablement dans la langue de Molière.
Rappelons que la politique de bilinguisme de la Ville stipule qu'elle doit mettre « tout en oeuvre pour affecter des personnes bilingues à tous les postes de direction, plus particulièrement aux postes de directeurs généraux ».
L'embauche d'un cadre unilingue a semblé davantage agacer l'un des membres du comité, Jean-Louis Schryburt, qui s'est demandé s'il n'y avait pas des lacunes dans le principe que des gens qui ne maîtrisent pas les deux langues officielles finissent par être embauchés pour de tels postes.
« Comment peut-on éviter ces situations ou qui décide à un moment donné que la personne qui ne répond pas aux critères de bilinguisme pour un poste désigné bilingue est quand même reçue et considérée comme un candidat sérieux ? », s'est-il interrogé. 
Ironie du sort, c'est la directrice des ressources humaines de la Ville, Marianne Phillips, qui se trouvait devant les membres du CCSF pour leur présenter une démarche visant à favoriser une diversification des méthodes de recrutement des employés, qui a pu lui répondre. 
« C'est la responsabilité des gestionnaires d'embaucher et de s'assurer que la personne rencontre les exigences linguistiques à l'embauche », a simplement affirmé Mme Phillips. 
Lors de la présentation, on a entre autres pu apprendre qu'en date de décembre 2015, 16 % des postes étaient désignés bilingues au sein de la fonction publique municipale d'Ottawa et que l'an dernier, un millier d'employés ont suivi une formation linguistique exigée à l'embauche. 
De ce nombre, Mme Phillips n'était pas en mesure de chiffrer la proportion touchant des unilingues francophones ayant besoin d'approfondir leurs connaissances en anglais. 
Parmi les facteurs servant à déterminer si un poste doit être considéré bilingue, on retrouve les besoins de la clientèle sur le plan linguistique et le remplacement des employés en vacances ou absents.
La prochaine réunion du Comité consultatif sur les services en français aura lieu le 11 mai.