Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau, et Jim Watson, maire d'Ottawa
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau, et Jim Watson, maire d'Ottawa

Des sensations fortes avec une tyrolienne entre Gatineau et Ottawa [VIDÉO]

Les yeux des amateurs de sensations fortes se tourneront dès l’été prochain sur la région de la capitale nationale alors qu’il sera possible de survoler la rivière des Outaouais en à peine 90 secondes en s’accrochant à la toute première tyrolienne interprovinciale au monde. «Ça va être malade», s’exclame l’un des idéateurs du projet, Alex Van Dieren.

Baptisée l’Interzip Rogers, l’attraction touristique qui offrira une vue à 360 degrés sur la colline parlementaire ainsi que les centres-villes d’Ottawa et de Gatineau aura à la fois comme point de départ et d’arrivée le site Zibi, sur les deux rives. C’est sur une plateforme surélevée haute de 25 mètres qui sera érigée du côté ottavien que débutera le plaisir... ou encore le stress.

Les braves qui oseront s’élancer sur le câble long de près de 430 mètres — on estime qu’ils seront environ 30 000 chaque année durant la saison d’opération (du printemps jusqu’à l’automne) — devront débourser un tarif qui devrait avoisiner les 30 à 40$, estime M. Van Dieren, coprésident de l’agence de marketing Orkestra. Des forfaits pour les familles et des activités connexes seront aussi offerts.

Impossible pour l’instant de fixer un échéancier précis, dit-on, mais l’objectif est que la tyrolienne installée par la firme de réputation internationale Skyline Ziplines LTD soit prête à accueillir les premiers visiteurs au cours de l’été 2020. Des travaux préparatoires tels que des études de sol sont d’ailleurs en cours depuis plusieurs semaines et s’achèveront au printemps prochain.

Le projet de 1,2 million $ a majoritairement été financé par le secteur privé, mais Tourisme Outaouais, ID Gatineau, le ministère du Tourisme du Québec et Tourisme Ottawa y ont tout de même investi 300 000$ en fonds publics.

Avant d’être révélée au grand jour, l’idée germait en coulisses depuis déjà deux ans, a-t-on souligné.

«C’est vrai qu’il y a un momentum en ce moment, on sent que les deux villes et les deux provinces veulent collaborer sur plusieurs projets. Quand on réfléchissait avec l’équipe de Tourisme Outaouais pour trouver une façon originale d’unir les deux provinces, l’idée de la tyrolienne est sortie immédiatement. [...] C’est une activité de plus en plus populaire à travers le monde, mais le fait de réunir deux provinces, c’est quand même assez symbolique et extraordinaire», s’exclame M. Van Dieren.

Quant au président de Zibi, Jeff Westeinde, a avoué avoir été charmé par ce projet de balade au-dessus de l’eau et ce, dès le jour 1.

En raison de l’aspect sécurité qui s’avère primordial dans un tel cas, les organisations impliquées ont dû collaborer et échanger à maintes reprises avec les autorités réglementaires, y compris Transport Canada, la Garde côtière canadienne, les différents paliers de gouvernement et les deux villes.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, parle d’une «grande victoire» pour l’industrie touristique des deux côtés de la rivière des Outaouais.

«La grande collaboration a commencé en 2017 (150e anniversaire du Canada) avec des événements mémorables, comme le pique-nique sur le pont. Cette fois, c’est différent, c’est la première fois qu’on aura une attraction permanente qui unira les deux villes», a-t-il dit.

Alors que le débat fait rage au sujet d’un nouveau pont, son homologue gatinois Maxime Pedneaud-Jobin a quant à lui utilisé l’ironie.

«On a eu des discussions sur le transport toute la semaine et je suis heureux qu’on soit ici pour inaugurer le sixième lien, ç’a été plus simple que je pensais», a-t-il affirmé, avant d’ajouter à la blague qu’il avait hésité à appuyer le projet jusqu’à ce qu’il apprenne que l’arrivée de ceux qui tentent l’aventure se fait sur la rive gatinoise.

Sur une note plus sérieuse, le maire de Gatineau rappelle que les deux villes voisines ont «le même produit à vendre» en matière de tourisme et que tout le monde y gagnera au final avec une telle activité.

Et la question qui brûle les lèvres de certains : est-ce que les maires testeront la tyrolienne à son ouverture ? Visiblement, les chances sont minces.

«Ça va coûter très cher», réplique le maire Pedneaud-Jobin en riant.

M. Watson répond quant à lui d’un air incertain qu’il compte «étudier cette proposition».