L’infraction pour ne pas s’être immobilisé à l’approche d’un autobus scolaire dont les feux intermittents ou le signal d’arrêt sont activés est passible d’une amende de 490 $ en Ontario.

Des radars photo en permanence sur des autobus scolaires

Ce ne serait plus qu’une question de semaines avant que des caméras photo radar soient installées en permanence sur quelques autobus scolaires à Ottawa, a appris Le Droit. Il s’agira, rappelons-le, d’une première en Ontario.

« Le but, c’est d’avoir quelque chose dès ce printemps, c’est notre objectif. Et nous sommes très près d’être en mesure de lancer le projet. On doit encore ficeler quelques détails avec le Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario. [...] On veut s’assurer que quand ça démarrera, il n’y aura aucun pépin technique », affirme le coordonnateur du programme de sécurité routière à Ottawa, Rob Wilkinson.

Les caméras, lesquelles permettront d’épingler les conducteurs qui effectuent un dépassement illégal d’un autobus scolaire dont les feux intermittents ou le signal d’arrêt sont activés, permettront de constater que la problématique est beaucoup plus fréquente que l’on croit, estime-t-il.

À preuve, précise M. Wilkinson, 75 constats d’infraction ont été remis avec un seul autobus en l’espace d’une quarantaine de jours dans le cadre du projet pilote, alors que les policiers ont pincé un nombre équivalent d’automobilistes en un intervalle de... deux ans. Le Service de police d’Ottawa (SPO) a en effet décerné 66 contraventions entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2017.

« Ça vient prouver que quand la police est présente, d’habitude les gens suivent les règles, font preuve d’une plus grande prudence. Il y a un effet dissuasif, mais dès qu’elle n’est plus là, ça continue. [...] On ne croit pas que ça se passe sur chaque route à travers la ville, mais là où il y a les plus grandes problématiques, c’est sur les artères où on compte quatre voies qui ne sont pas séparées. Quand un autobus s’arrête, les conducteurs qui circulent sur la voie la plus à l’extrémité en sens inverse croient à tort que ce n’est légal de poursuivre leur chemin », de dire Rob Wilkinson.

L’infraction pour ne pas s’être immobilisé à l’approche d’un autobus scolaire dont les feux intermittents ou le signal d’arrêt sont activés est passible d’une amende de 490 $ en Ontario. Aucun point d’inaptitude n’est cependant ajouté au dossier du contrevenant si la manoeuvre a été captée par caméra.

Au total, six systèmes de caméras pourront progressivement être installés sur les véhicules jaunes. Le coût unitaire de chacun d’entre eux étant d’environ 16 000 $, la facture totale pour la Ville avoisine les 100 000 $.

Une fois le projet mis en place, c’est au SPO que reviendra la tâche d’analyser les images et de déterminer si une infraction a été commise.

Les circuits d’autobus qui seront dotés d’une caméra seront identifiés ultérieurement, selon les besoins.

« On veut travailler en collaboration avec les conseils scolaires et les consortiums de transport pour connaître où sont les meilleurs endroits. Ce sont aussi les chauffeurs d’autobus eux-mêmes qui sont sur le terrain, alors ils sont les mieux placés pour nous guider au sujet des endroits qui causent problème », affirme-t-il.

Sur l’autre rive, rappelons que le ministre des Transports du Québec, André Fortin, a annoncé il y a un mois que 13 autobus scolaires répartis dans huit régions, dont l’Outaouais seront équipés de caméras vidéo, de la mi-mars à la fin avril, dans le cadre d’un projet pilote. L’initiative est pilotée par l’entreprise Bus Patrouille.

M. Wilkinson affirme fièrement que Québec s’est entre autres inspiré du projet pilote mis en place à Ottawa.