Matt Low, Thierry Harris et Mathieu Fleury sont parmi les candidats dans le quartier Rideau-Vanier lors des élections municipales à Ottawa.

Des enjeux de taille dans Rideau-Vanier

Lutte à la criminalité, logements abordables et transport sont au nombre des enjeux sur la table dans le quartier Rideau-Vanier, où trois aspirants conseillers tenteront de déloger l’élu sortant Mathieu Fleury, qui est en quête d’un troisième mandat d’affilée.

En poste depuis 2010, le conseiller municipal de 33 ans estime que dans le contexte du controversé dossier du déménagement du refuge de l’Armée du Salut, certes le dossier le plus médiatisé de la dernière année dans la capitale, la question du logement abordable doit s’avérer une priorité.

« En tant que communauté et société inconfortable avec le modèle des refuges, il faut absolument investir de façon significative dans l’option du logement social. Quand on augmente les taxes de 1 %, tout le monde tire la couverture de son bord et on ne fait rien de spécifique, alors on propose plutôt une taxe de 1 % dédiée à l’échelle de la ville aux investissements en cette matière. Ça rapporterait l’équivalent de 14 millions $ par an » explique M. Fleury, qui spécifie que les enjeux varient aussi d’un secteur du quartier à l’autre.

Pour l’un de ses adversaires, Thierry Harris, la réduction de la criminalité est sans l’ombre d’un doute l’enjeu numéro un auquel il faut s’attaquer advenant son entrée à l’hôtel de ville le 22 octobre.

« La criminalité, ça affecte tout le reste. Si on ne se sent pas en sécurité dans nos rues, c’est très difficile de bâtir un momentum pour changer les choses, de bâtir sur un château de cartes. Je veux que le crime cesse en cultivant une communauté de leaders. Il s’agirait de gens de différents milieux qui s’en sont sortis, par exemple d’ex-membres de gangs de rue ou d’ex-travailleuses du sexe. Ils auraient comme rôle de faire le pont entre la communauté, la police et les différents groupes. Il y a eu un manque de leadership et malheureusement les ponts sont brisés, les gens sont aussi désillusionnés par rapport à la police », lance le directeur général de Cartouche Média et ex-vice-président de l’Association communautaire de la Basse-Ville.

M. Harris plaide pour un « changement de culture », soutenant qu’en fin de compte, il veut être « la personne à blâmer quand ça va mal ». Il suggère entre autres que le nombre de policiers à pied soit revu à la hausse et que des rencontres mensuelles entre le Service de police d’Ottawa et la communauté soient organisées pour préserver une relation de confiance.

De son côté, le candidat Matt Lowe indique que l’un de ses engagements est de transformer le secteur Vanier en « vrai quartier français d’Ottawa ».

« Je ne comprends pas pourquoi ça n’a jamais été développé comme projet. C’est un non-sens. J’ai vécu en Louisiane (qui a son French Quarter / Vieux carré français) et on devrait à mon avis s’en inspirer. Ça permettrait d’attirer des commerces, d’améliorer l’image du secteur, etc. Il faut que ça devienne un quartier au même titre que la Petite Italie ou le quartier chinois », ajoute le directeur en logistique. Ce dernier affirme suivre des cours de français.

Tunnel... et pont 

Le transport est aussi au cœur de la lutte électorale, car M. Harris soutient que le projet de tunnel reliant le pont Macdonald-Cartier à l’autoroute 417 est « risqué et très cher », si bien que l’option d’ériger un sixième pont enjambant la rivière des Outaouais ne doit pas être rangée sur les tablettes.

« On doit en parler aussi. L’un n’exclut pas l’autre. Nous sommes la capitale fédérale et aucun pont n’a été construit depuis les années 1960 alors qu’il y a plus de voitures, ce n’est pas normal. Il faut une solution maintenant et mettre de la pression sur le gouvernement avec les leviers à notre disposition », affirme le candidat de 38 ans, qui est d’avis que Gatineau et Ottawa doivent davantage collaborer et que le prolongement du train léger vers la rive québécoise aurait dû être envisagé bien plus tôt.

Le conseiller sortant rappelle que c’est le gouvernement provincial qui à l’époque a retiré son appui au projet de nouveau pont et qu’une étude de faisabilité a déjà été réalisée dans le dossier du tunnel, un projet qui vise à éliminer les camions du centre-ville.

« Il ne faut pas oublier les responsabilités et les pouvoirs municipaux. Quand on parle d’un pont, c’est un pont interprovincial, pas intermunicipal. La prochaine étape, pour le tunnel, c’est de compléter l’étude environnementale. Les fonds municipaux et provinciaux sont là, il ne reste qu’à obtenir l’argent fédéral, mais je suis sûr que ça peut se faire dans un délai raisonnable. Le problème à régler, ce sont les camions. C’est un enjeu autant environnemental, que de bruit, de sécurité et de développement économique. Il ne faut pas reculer », soutient M. Fleury.

La revitalisation du chemin de Montréal est un autre projet sur lequel le conseiller actuel veut plancher s’il est réélu.

Sans surprise, le bilinguisme et la francophonie font l’unanimité.

« On a une occasion en or d’être un bastion de la francophonie internationale, on doit valoriser davantage le bilinguisme », lance Thierry Harris.

Quant à Mathieu Fleury, il rappelle qu’il a été « le porte-étendard de la francophonie à la table du conseil » et qu’il s’est battu pour la cause ces dernières années.

« On a une Direction des Services en français qui est devenue un service de plaintes et de traduction, je veux que la Ville ait un plan stratégique pour fixer des objectifs plus clairs », dit-il.

Il a été impossible de joindre le quatrième candidat en lice, Salar Changiz.