Lors de la rencontre du comité permanent de la protection de l’environnement à la Ville d’Ottawa, des conseillers ont tiré la sonnette d’alarme.

Des élus d’Ottawa veulent déclarer l’état d’urgence climatique

Les élus d’Ottawa devront décider s’ils déclarent l’état d’urgence climatique afin de lutter contre les changements climatiques, comme le recommandent les membres du Comité permanent de la protection de l’environnement, de l’eau et de la gestion des déchets.

La motion présentée par le conseiller Shawn Menard a obtenu l’appui de six échevins sur huit à la réunion de mardi, alors qu’une douzaine d’Ottaviens sont venus implorer les élus d’aller de l’avant.

M. Menard a reçu l’appui des conseillers Riley Brockington, Keith Egli, Catherine McKenney et Scott Moffatt alors que George Darouze et Allan Hubley ont voté contre. Les deux opposants ont évoqué des réticences face à l’utilisation du mot « urgence ». MM. Darouze et Hubley estiment que la Ville s’attaque déjà aux problèmes climatiques, mais que le leadership doit venir de la province et du fédéral.

Si le conseil municipal donne le feu vert à la réunion du 24 avril, l’administration planchera sur un plan afin de guider les élus sur les questions de changements climatiques.

Le personnel fera un compte-rendu du travail supplémentaire réalisé dans les rapports qu’il présentera au Comité d’ici la fin de l’année. L’exercice coûtera près de 250 000 $, financé par les excédents des dividendes d’Hydro Ottawa. La municipalité élaborera aussi une stratégie de résilience face aux changements climatiques en 2020.

Chloe Rourke n’a pas pu retenir ses larmes lorsqu’elle s’est adressée aux membres du Comité mardi après-midi. Cette dernière a supplié les élus de faire de l’environnement une priorité.

« Je ne comprends pas comment quelqu’un peut lire les rapports scientifiques et ne pas croire qu’on fait face à une situation d’urgence. Si nous poursuivons comme nous le faisons présentement la crise va augmenter. Nous allons faire face à une catastrophe », affirme-t-elle.

Près de 200 personnes ont manifesté devant l’hôtel de ville mardi matin pour interpeller les élus sur l’importance de déclarer l’état d’urgence climatique.

Le rassemblement était organisé par Écologie Ottawa.

Le nouveau conseiller du quartier Rideau-Rockliffe, Rawlson King, a participé à la manifestation avec ses collègues Mathieu Fleury, Catherine McKenney, Laura Dudas et Shawn Menard.

« En faisons-nous assez pour lutter contre les changements climatiques ? Il est temps que les élus se mobilisent et nous devons faire notre part », a lancé Emilie Taman, activiste communautaire impliquée dans le milieu politique. Cette dernière a rappelé que les effets du réchauffement climatique se font sentir depuis quelques années, citant en exemple les inondations et les tornades qui ont secoué la région de la capitale fédérale.

Écologie Ottawa rappelle que d'autres villes canadiennes ont déjà déclaré l’état d’urgence climatique, soit Kingston, Hamilton, Vancouver et Halifax. Les membres du groupe souhaitent que la capitale emboîte le pas.

Sacs de plastique dans les bacs verts

Les membres du Comité permanent de la protection de l’environnement, de l’eau et de la gestion des déchets ont rejeté à six contre deux une motion du conseiller Menard voulant que la municipalité mette sur pause la permission d’utiliser des sacs plastiques à usage unique dans les bacs verts.

Le conseiller du quartier Capitale demandait aux élus d’attendre de recevoir les conclusions des recherches à ce sujet avant d’autoriser un tel usage.

Stephen Wylie, directeur des travaux publics et de l’environnement, se défend d’encourager l’utilisation du plastique à usage unique dans les foyers de la ville.

« Le personnel est d’avis qu’il ne s’agit pas ici de donner son accord à l’utilisation des sacs de plastique à usage unique, mais le plus important c’est d’éliminer le facteur de dégoût. Il nous faut aller de l’avant et c’est une question de commodité », ajoute M. Wylie.