Le maire d'Ottawa, Jim Watson.

Des débats pour faire sortir le vote à Ottawa?

L'année 2014 rime avec élections à Ottawa. C'est aussi peut-être l'année où certains conseillers élèveront la voix, afin de sortir de l'ombre du maire Jim Watson, mais surtout d'être mieux connus des électeurs en prévision du scrutin automnal.
C'est du moins l'hypothèse première de Caroline Andrew, une experte de la politique municipale de l'Université d'Ottawa (Ud'O), à qui LeDroit a demandé de dresser le portrait de la prochaine course électorale dans la capitale nationale.
«Lors de son élection en 2010, le maire Jim Watson était très préoccupé par la dynamique au conseil. Le conseil municipal de (son prédécesseur) Larry O'Brien était en désarroi. Aujourd'hui, il est très unanime. Toutefois, on constate, surtout chez les nouveaux conseillers, une volonté d'être plus visibles pour se faire réélire.»
Ainsi, en votant systématiquement à l'unisson avec le maire Watson sur différents projets, les échevins ont eu un rôle plus effacé et, par conséquent, ont perdu de leur individualité, estime Mme Andrew.
Débats publics
«Il sera intéressant de voir si le maire Watson tient compte de la volonté des nouveaux conseillers de se faire entendre et permet plus de débats publics cette année. Les élus n'auront pas tous nécessairement la même opinion. Je crois que ce serait une très bonne démarche dans une année électorale. Un peu plus de débats peuvent faire sortir le vote», observe Mme Andrew, qui dit néanmoins comprendre la position du maire de vouloir un conseil «plus uni et poli».
À cet effet, la densification de la Ville d'Ottawa pourrait mener à des échanges épineux, dit-elle.
«Pour les projets de développement domiciliaire, on veut densifier le centre-ville ou permettre l'étalage urbain? En matière de densification, quels sont les projets qui sont compatibles avec les quartiers par exemple.»
Justement, le mois dernier, le comité d'urbanisme d'Ottawa a préparé le terrain pour permettre la construction éventuelle de tours à plusieurs dizaines d'étages au centre-ville et dans l'est de la ville. L'adoption des plans d'aménagement axés sur le transport en commun pour les secteurs Lees, Hurdman et Blair fait en sorte que des bâtiments allant de 20 à 30 voire 45 étages devraient voir le jour près de ces arrêts futurs du train léger.
L'éternel débat des enjeux urbains et ruraux depuis la fusion municipale pourrait aussi alimenter des débats sur la place publique, prédit Mme Andrews.
Watson intouchable?
Comme plusieurs observateurs, l'experte de l'Ud'O soutient que le maire Watson est très apprécié par les citoyens d'Ottawa. D'ailleurs, il est plutôt commun de voir des résidents louanger le premier magistrat sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, sur une base quotidienne et surtout pendant la période tumultueuse du maire de Toronto Rob Ford au cours de la dernière année.
«Il travaille de façon intense et il est incroyablement présent dans la ville. Chaque fois qu'il y a un événement, il est là. Ça fait partie de sa popularité d'être accessible», rappelle Mme Andrew.
Cette popularité devrait lui ouvrir les portes de la mairie toutes grandes ouvertes le 27 octobre prochain.
«Il semble clair qu'il sera réélu sans grande opposition. C'est presque 100% certain.»