Dans le cadre d’un projet pilote, la Ville d’Ottawa teste de nouvelles alarmes de recul installées sur des camions de déneigement.

Des alarmes de recul nouveau genre

Au centre-ville d’Ottawa, ne soyez pas surpris si vous entendez un camion de déneigement ou une chenillette émettre un son qui ressemble étrangement au grésillement d’une radio lorsqu’il fait marche arrière.

S’inspirant de Vancouver, qui a mis en œuvre cette technologie sur la totalité de sa flotte de déneigeuses, la capitale fédérale a lancé cet hiver un projet pilote visant à tester de nouvelles alarmes de recul. Celles-ci, installées sur 62 véhicules, produisent un bruit loin de ressembler à ce à quoi le commun des mortels est habitué.

Le son de l’alarme est à fréquences multiples et a la particularité de se dissiper plus rapidement. Des tests à cet égard ont d’ailleurs été effectués à l’Université de Victoria ainsi qu’à l’Université Dalhousie.

Le projet pilote a été mis en place par souci d’abaisser le niveau de bruit ambiant pour les résidents, le tout en marge de la révision du règlement sur le bruit de la Ville d’Ottawa.

En mai dernier, la Ville avait indiqué qu’un sondage effectué auprès des citoyens a permis de conclure que les opérations de déneigement arrivent au premier rang pour les nuisances sonores les plus fréquentes (11 %).

« On a décidé de débuter avec un essai et on a choisi le centre-ville, car ça va donner la chance à beaucoup plus de gens d’entendre le bruit. On veut que les citoyens nous disent ce qu’ils en pensent. C’est sûr qu’il y aura une période d’adaptation, car c’est un nouveau son. Mais à Vancouver, il semble que les plaintes liées au bruit ont diminué. Le son s’arrête plus rapidement et les gens qui ne sont pas directement à l’arrière du véhicule sont moins dérangés par le bruit », affirme le gestionnaire, Cycle de vie et sécurité du parc auto, Luke Senecal.

Fait particulier, le niveau de bruit de la nouvelle alarme, qui s’élève à 97 décibels, s’ajuste automatiquement en fonction du bruit ambiant autour du véhicule. L’alarme est donc plus forte quand la circulation est plus dense, tandis qu’elle l’est moins lorsque la circulation est plus faible. Son niveau peut ainsi varier entre 77 et 117 décibels.

Le coût d’acquisition unitaire de chaque alarme s’élève à 141 $.

Bien entendu, M. Senecal assure que la sécurité demeure l’enjeu numéro un et qu’aucun compromis ne sera fait sur cet aspect. C’est d’abord et avant tout ce critère qui permettra de conclure si le projet pourra se poursuivre l’an prochain. Rappelons que depuis le début décembre, deux personnes ont perdu la vie après avoir été happées par des déneigeuses lors d’incidents survenus à Québec et Montréal.

« On veut que les opérateurs nous disent si les gens réagissent à temps lorsque l’alarme est activée. On veut connaître leurs observations, car ils sont sur le terrain. Ce sont les mieux placés », dit-il.

Les véhicules dotés de cette alarme de recul peuvent être aperçus sur un vaste territoire allant du boulevard St-Laurent, à l’est, à la promenade Island Park, à l’ouest, en passant par le marché By. Une campagne de communication qui comprend une vidéo a été déployée sur les réseaux sociaux pour sensibiliser le public.