Les opérateurs de dépanneuses d’Ottawa pestent contre le règlement municipal. Selon eux, ce dernier réduit leur accès au travail.

Dépanneuses: un «monopole» décrié haut et fort

Une centaine d’opérateurs de dépanneuses se sont fait voir et entendre devant le quartier général de la police et l’hôtel de ville d’Ottawa lundi pour réclamer la fin de ce qu’ils décrivent comme un « monopole malsain ».

« Saine compétition pour les petites entreprises », « Dites non au monopole du remorquage » et « La protection du consommateur débute par le libre choix du consommateur » étaient au nombre des slogans qu’on pouvait lire sur les pancartes brandies par les manifestants, qui avaient stationné leurs véhicules, gyrophares allumés, tout le long de la rue Lisgar.

Ces derniers pestent contre le contrat d’exclusivité qui, depuis 2015, lie le Service de police d’Ottawa (SPO) aux entreprises de remorquage Ottawa Metro Towing & Recovery Inc. pour le secteur est et à Metro Towing & Recovery Group pour le secteur ouest. Les autorités policières font appel à ces compagnies lorsqu’ils sollicitent des services de remorquage, d’inspection et d’entreposage de véhicules à la suite d’un incident sur le réseau routier. Ils affirment aussi que le règlement municipal doit être assoupli pour être plus équitable.

Les protestataires prétendent qu’en principe, ces deux entreprises devraient être appelées que s’il s’agit d’un accident grave ou avec blessé, mais que dans les faits, ce n’est pas la situation qu’ils observent au quotidien.

« La police décourage les clients de recourir à nos services en leur disant que nous sommes des crosseurs. [...] Lorsqu’il s’agit d’une collision régulière, d’un accrochage, normalement le client a le droit de choisir lui-même une compagnie de remorquage. Mais ce n’est pas le cas. Nous, on se présente sur la scène, mais on se fait dire de rester à 100 m de distance. Comment le client peut savoir que je suis là pour l’aider ? Si on se rapproche, c’est là que les problèmes commencent. On nous traite comme des charognards », a lancé un opérateur de dépanneuse qui a souhaité garder l’anonymat.

Le SPO n’a pas commenté les propos des manifestants, se contentant de rappeler qu’en vertu de la règlementation municipale en vigueur, il est illégal, pour un conducteur de dépanneuse, d’aborder un automobiliste sur les lieux d’une collision sans avoir été au préalable appelé en renfort soit par un policier ou par un automobiliste impliqué. De plus, les dépanneuses ne peuvent pas non plus se garer à moins de 100 mètres des lieux d’un accident sans avoir été officiellement appelées par la police, l’assureur ou un automobiliste. Les contrevenants s’exposent à une amende variant entre 50 $ et 190 $. Les opérateurs de dépanneuses affirment que tout ce qu’ils désirent, c’est « du respect et l’accès au travail ».

« À Toronto, c’est le concept du premier arrivé, premier servi. Pourquoi ne pas faire ça ici à Ottawa ? Avec les mêmes services et les mêmes tarifs, tout le monde serait content », dit-il.

Pratiques à Gatineau

De l’autre côté de la rivière, la Ville de Gatineau a deux contrats pour les services de remorquage et de gestion des fourrières municipales, l’un pour l’ouest (Remorquage Henrie) et l’autre pour l’est de son territoire (Remorquage Tin-Tin). Ceux-ci sont aussi attribués par processus d’appel d’offres.

Lors d’un accident, le Service de police de Gatineau fait automatiquement appel à ces compagnies seulement si le ou les véhicules impliqués obstruent la circulation et doivent être déplacés dans les plus brefs délais. Autrement, le SPVG affirme qu’il ne « s’interpose pas » et que les automobilistes sont libres de faire appel à l’entreprise de leur choix.