La saison dernière, 220 cm sont tombés sur Ottawa.

Déneigement: des élus manifestent leur scepticisme

Alors que la première chute de neige significative ne saurait tarder dans la région, le conseiller Mathieu Fleury ne cache pas que le budget du déneigement et de l’entretien des routes pour la prochaine année à Ottawa comporte « plusieurs éléments de risque ».

Comme le reste de ses collègues, l’élu de Rideau-Vanier a approuvé le budget préliminaire du Comité des transports mercredi, mais ne cache pas que la municipalité pourrait hausser d’un cran son niveau de services. 

« On a entendu parler dans les derniers jours de la piètre qualité d’asphalte achetée par la Ville ces dernières années, ce qui a soulevé énormément d’inquiétudes de notre part. On voit aussi et on entend de plus en plus de la part de nos résidents que la qualité des routes et des trottoirs est de plus en plus problématique. On nous demande également de modifier notre approche pour l’entretien hivernal, par exemple la fréquence à laquelle on ramasse la neige », lance-t-il. 

L’an prochain, on prévoit entre autres un montant de 39 millions $ pour le réasphaltage de routes, alors que l’enveloppe budgétaire réservée aux opérations hivernales sera majorée de 3,5 % pour s’établir à 68,3 millions $. Le tout permettra entre autres d’ajouter au réseau cyclable accessible l’hiver les pistes cyclables des rues Main et O’Connor. 

M. Fleury estime que cette hausse n’est pas suffisante, considérant que chaque saison hivernale apporte son lot de surprises depuis quelques années, du verglas à la neige en passant par la pluie et le grésil. 

« Je ne pense pas que ça va suffire. Année après année, on fait des déficits et on dit que l’hiver sera extrême. On a besoin de beaucoup plus d’argent pour le déneigement, généralement parlant, mais c’est difficile d’établir un chiffre adéquat. Il faut aussi respecter l’objectif d’augmentation de la taxe (2 %) qu’on s’est donné. Il y a un équilibre à atteindre. Un tel pourcentage, c’est très limitant, ça veut dire qu’il faut qu’on établisse des priorités et qu’on ne peut pas tout faire », ajoute-t-il, rappelant qu’il faut aussi respecter la capacité de payer des contribuables. 

Certains de ses collègues comme Diane Deans ont aussi fait part de leurs inquiétudes. Quant au président du comité, Keith Egli, il a mentionné qu’il ne faisait aucun doute que le réseau routier a besoin d’être retapé à maints endroits.

La saison dernière, les quelque 220 cm qui sont tombés sur Ottawa ont fait fondre à vue d’œil le budget alloué au déneigement. 

Le budget municipal 2018 sera soumis à l’approbation du conseil municipal le 13 décembre. 

TROTTOIRS GLACÉS ET VISION ZÉRO À OTTAWA

La qualité de l’entretien des trottoirs en période hivernale « était et continue d’être une préoccupation majeure pour les aînés », affirme le comité des transports du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa.

« Clairement, la présence de neige et de glace sur nos trottoirs empêche les personnes âgées de se rendre à pied aux destinations locales de leur quartier et d’accéder au transport en commun via les arrêts d’autobus », a indiqué l’ex-élu et président du comité, Alex Cullen, mercredi.

Ce dernier affirme que même si la Ville reconnaît dans son Plan directeur des Transports que cette réalité constitue un défi et que des efforts seront faits pour améliorer la situation, le statu quo n’est pas suffisant. Des ressources supplémentaires doivent être déployées sur le terrain cet hiver, dit l’organisation.

La proportion de la population d’Ottawa âgée de 65 ans et plus est en hausse constante depuis quelques années. En 2011, cette tranche d’âge représentait 13 % de la population, une proportion qui devrait passer à 16,4 % dans quatre ans puis à 20,3 % en 2031. 

Par ailleurs, la Fédération des associations civiques d’Ottawa a recommandé aux élus municipaux que la capitale fédérale endosse l’approche de sécurité routière Vision Zéro, qui vise à éliminer tout décès ou blessure grave d’un piéton, d’un automobiliste ou d’un cycliste sur son territoire. On suggère par exemple à la Ville de viser cet objectif en 2030, année du 175e anniversaire d’Ottawa. Les villes de Vancouver et Montréal ont, entre autres, adhéré à cette stratégie.