Le maire d’Ottawa Jim Watson a écrit personnellement au ministre Garneau dans le dossier du pont Prince-de-Galles.

Décision de l'OTC: Watson interpelle le ministre Garneau

La Ville d’Ottawa n’entend pas se soumettre à la décision de l’Office des transports du Canada (OTC), qui lui ordonne de restaurer une portion des rails menant au pont ferroviaire Prince-de-Galles. Non seulement elle compte interjeter appel du jugement, mais le maire Jim Watson a aussi écrit personnellement au ministre Marc Garneau.

Dans sa décision annoncée à la mi-février, l’OTC affirme que la Ville a contrevenu à la Loi sur les transports du Canada et lui demande de choisir entre deux options d’ici le 30 avril. Soit elle restaure la portion de 250 mètres de rails de la Ligne de la rivière des Outaouais qui avait été démantelée en raison de la construction de la station Bayview du train léger et qu’elle la remet en service dans les 12 mois suivants l’octroi des droits d’exploitation à une autre compagnie de chemin de fer ; soit elle procède à la discontinuation des rails et qu’elle en cesse l’exploitation. 

Insatisfaite des deux scénarios qui lui sont proposés, la capitale enclenche les démarches en vue de faire appel de la décision devant la Cour d’appel fédérale, a annoncé le greffier et chef du contentieux, Rick O’Connor. Advenant que le tribunal accepte d’entendre la Ville, le processus judiciaire pourrait s’étaler sur une période allant jusqu’à deux ans. 

Dans une lettre acheminée mardi, le maire Watson demande aussi au cabinet du ministre des Transports Marc Garneau de réviser et ultimement annuler cette décision. Il interpelle le ministre fédéral en invoquant l’article 40 de la Loi, qui stipule que « le gouverneur en conseil peut modifier ou annuler les décisions, arrêtés, règles ou règlements de l’office soit à la requête d’une partie ou d’un intéressé, soit de sa propre initiative. [...]»

Le document a aussi été acheminé en copie conforme à la ministre de l’Environnement et députée d’Ottawa-Centre, Catherine McKenna, au député d’Ottawa-Sud David McGuinty ainsi qu’au maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. 

« Il semble que l’OTC a rendu sa décision sans tenir compte des discussions en cours entre les villes de Gatineau et d’Ottawa ainsi qu’avec les députés locaux au sujet de l’utilisation potentielle de la Ligne pour relier nos deux réseaux de transport en commun », écrit entre autres le maire dans sa missive, précisant qu’à son avis il n’existe aucune autre société de transport ou compagnie viable disposant au matériel roulant et des capitaux nécessaires pour rétablir le service ferroviaire sur ce pont érigé il y a 138 ans. 

Devant les journalistes mardi, Jim Watson a répété que la décision de l’OTC était illogique.

« On pense que c’est injuste pour la Ville et les contribuables. On a dit à maintes reprises que l’on veut utiliser ce pont, que l’on souhaite que le train léger traverse à Gatineau pour rejoindre la station Taché-UQO du Rapibus. Sauf qu’à ce moment-ci, ce serait insensé de remettre les rails alors qu’on n’a pas le financement pour aller de l’avant avec cette prochaine étape de notre projet », a-t-il lancé.

M. Watson a précisé que le simple fait de rendre accessible le pont aux cyclistes et piétons nécessiterait des travaux estimés à 10 millions $, ce qui à son avis serait un « gaspillage des fonds publics » considérant que quelques années plus tard, il faudrait tout démanteler pour installer des rails. Il rappelle que l’infrastructure n’est pour l’instant pas sécuritaire et que l’accès doit y être bloqué. 

C’est le consortium Mobilité Outaouais-Ottawa : Systèmes et entreprises (MOOSE) qui avait porté plainte contre la Ville d’Ottawa à l’OTC en 2016.