Un deuxième vélo «fantôme» a été installé devant l'hôtel de ville d'Ottawa, un vélo pour enfant cette fois, pour souligner le décès du jeune Simon Khouri à Orléans, la semaine dernière.

Décès d'un cycliste de 13 ans: «une vie humaine, ça n’a pas de prix»

La mort d’un cycliste de 13 ans la semaine dernière dans le secteur d’Orléans a mobilisé une fois de plus les cyclistes de la capitale fédérale devant l’hôtel de ville, pour demander des infrastructures routières plus sécuritaires.

Plus d’une centaine d’entre eux se sont rassemblés mercredi matin pour se recueillir, ainsi qu’écrire et livrer des lettres au maire d’Ottawa, Jim Watson.

Signe que la colère monte dans la communauté cycliste après cette deuxième collision mortelle de l’été, un organisateur de la manifestation et membre de la Coalition pour le transport sain, Trevor Haché, a invité les gens à se rendre au bureau du premier magistrat dans le calme et l’ordre.

« Le jour viendra peut-être où ce ne sera pas le cas, mais pour l’instant, je vous demande d’être respectueux », a lancé M. Haché à la foule.

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Ce militant pour le transport actif et l’amélioration des infrastructures routières soutient que la collision qui a causé la mort du jeune Simon Khouri était « 100 % évitable ».

« Les gens dans ce bâtiment (NDLR: l’hôtel de ville) ont tous les outils à leur disposition pour changer les choses, déplore Trevor Haché. Je suis convaincu que le maire est attristé par ce qui s’est passé, mais il faut qu’il démontre un sentiment d’urgence, comme il le fait dans plusieurs autres dossiers. »

« La sécurité devrait le critère principal lorsqu’on construit de nouvelles routes, plus que les stationnements de rue et que la fluidité de la circulation automobile. Même plus encore que les coûts, parce qu’une vie humaine, ça n’a pas de prix », a renchéri la présidente de Bike Ottawa, Heather Shearer, durant une allocution devant la foule de manifestants, mercredi matin.

Changer les mentalités

Les conseillers municipaux Shawn Menard (Capitale) et Theresa Kavanagh (Baie) étaient sur place mercredi pour offrir leur appui aux cyclistes rassemblés.

Parmi ceux-ci se trouvait Ken Walker, l’homme derrière le compte Twitter @bikeviewca qui partage régulièrement des vidéos d’incidents dont il est témoin au quotidien sur sa bicyclette.

Deux fois par jour — et de trois à quatre fois par semaine —, M. Walker complète un trajet de 26 kilomètres entre sa résidence et son travail. Il se dit chanceux que la majorité de ce parcours (22 km) s’effectue sur des pistes cyclables et, malgré cela, les caméras fixées à son vélo captent régulièrement des images d’automobilistes au comportement dangereux.

« Des gens qui brûlent des feux rouges ou qui bloquent l’accès à une piste cyclable en attendant à un feu de circulation », affirme Ken Walker.

Trevor Haché ajoute que les automobilistes doivent généralement garder au moins un mètre entre leur véhicule et un cycliste, lorsqu’ils en dépassent un.

« Souvent ce n’est pas le cas, soutient l’organisateur de la manifestation. Des gens qui coupent juste devant toi pour changer de voie, parce qu’ils ne veulent pas ralentir et te laisser quelques secondes pour passer devant eux, il y en a plein. »