En 2014, Ottawa a dénombré 49 incidents impliquant des coups de feu, blessant 18 membres de bandes de rue sur son territoire.

De l'espoir et des fonds pour contrer les gangs de rue

Les « stratégies de sortie » s'avèrent l'arme de choix pour extirper les membres des bandes de rues du monde du crime et par conséquent, mettre un terme à l'hémorragie de fusillades dans la capitale nationale. La transition vers une vie normale est toutefois un travail de longue haleine, nécessitant des fonds et l'intervention de partenaires communautaires.
« C'est notre plus grand défi [... ] parce que cela implique la contribution de divers intervenants pendant une certaine période », soutient Nancy Worsfold, directrice générale de Prévention du crime Ottawa, qui a pris la parole devant la Commission de services policiers, lundi soir.
« Les démarches policières ne sont qu'un pan de la solution », poursuit Ken Bryden, sergent de l'Unité des armes à feu et des bandes de rue.
Mme Worsfold croit qu'une vie de crime est difficilement réversible pour les membres adultes de bandes de rue qui ont choisi cette voie à un jeune âge en raison d'un manque d'éducation ou de conditions de vie souhaitables. Toute transition nécessite la création d'une nouvelle identité sociale, dit-elle. C'est là où le bât blesse.
« Tous les gouvernements doivent mettre la main à la pâte. Nous avons besoin de programmes ciblés pour aider ces personnes dans cette transition complexe d'une vie criminelle vers une vie normale », soutient-elle.
Le maire Jim Watson a déjà annoncé que les élus tenteraient de débloquer des fonds dans le prochain budget, déposé le 11 mars, afin de mettre sur pied des « stratégies de sorties » efficaces. Mme Worsfold n'a pas voulu s'avancer sur la somme nécessaire pour renverser la vapeur. Elle confirme toutefois que le budget de son organisme, qui vise à réduire le crime par une action préventive, n'est pas suffisant.
« Je crois qu'il y a toujours espoir pour un individu qui veut changer sa vie. Personne n'est irrécupérable, mais c'est un processus qui prend du temps », avise Mme Worsfold.
Entre 400 à 500 individus sévissent au sein de 15 gangs de rue à Ottawa actuellement.
Conseillers inquiets
Par ailleurs, le chef de police Charles Bordeleau a fait une mise au point lundi sur les efforts de ses hommes dans la lutte contre la violence dans les rues d'Ottawa, sans cependant apporter de véritables nouvelles informations. Il a néanmoins répondu à plusieurs questions de conseillers municipaux, inquiets des événements de l'an dernier. 
Rappelons que les fusillades ont bondi de 63 % en 2014. L'année record a culminé avec 49 incidents impliquant des coups de feu, blessant 18 membres de bandes de rue.
« Cet enjeu est important pour nous, pour notre communauté », a assuré le chef Bordeleau en parlant des efforts pour contrer ce fléau.