Le journaliste du <em>Droit</em> Julien Paquette et le chroniqueur Patrick Duquette ont fait une balade en trottinette électrique en libre service.
Le journaliste du <em>Droit</em> Julien Paquette et le chroniqueur Patrick Duquette ont fait une balade en trottinette électrique en libre service.

Dans la capitale fédérale en trottinette

Les usagers des trottinettes électriques en libre-service semblent généralement bien se comporter à Ottawa, une semaine après le début du projet pilote.

Bien que Bird Canada - l’une des trois entreprises retenues pour le projet pilote — a signalé à la Ville qu’une trottinette a été lancée dans le canal Rideau, sept jours après que ces véhicules aient fait leur apparition dans les rues de la capitale fédérale, seulement 4 plaintes ont été formulées au 3-1-1 concernant les trottinettes en libre-service.

«Les résidents et les entrepreneurs souhaitant signaler qu’une trottinette est mal stationnée peuvent communiquer directement avec le fournisseur de trottinettes électriques. Les fournisseurs se sont engagés à répondre à ces signalements en moins d’une heure», affirme la directrice de la planification des transports de la Ville, Vivi Chi.

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, soutient également que son bureau n’a pas reçu un volume d’appels démesuré de résidents qui se plaignent de ce nouveau moyen de transport et de ses usagers qui stationneraient la trottinette de façon inappropriée.

«La majorité des appels proviennent de ceux et celles qui avaient déjà un problème avec les vélos. C’est le même genre de revendications avec ce projet-là: des automobilistes qui ne sont pas contents de devoir réduire leur vitesse pour laisser circuler un cycliste», explique M. Fleury.

Puisque son quartier se trouve au cœur de la zone où les trottinettes électriques peuvent circuler dans le cadre du projet pilote de la Ville, le conseiller de Rideau-Vanier dit suivre attentivement l’évolution de la situation.

Dans une conversation plus tôt cette semaine avec un dirigeant de Bird Canada, ce dernier aurait assuré l’élu que son entreprise prend au sérieux les inquiétudes de la municipalité. Jusqu’à maintenant, ils auraient maintenu une moyenne de 17 minutes pour déplacer une trottinette mal stationnée, après avoir reçu un signalement.

«C’est de bon augure, mais comme on dit: c’est au fruit que l’on juge l’arbre. Il faut que ce niveau de service soit maintenu», affirme Mathieu Fleury.

Ce dernier ajoute qu’il aimerait voir ce projet offrir des résultats positifs puisqu’il pourrait s’agir d’un moyen de transport alternatif écologique, pour que les citoyens puissent se déplacer de leur résidence à une station du train léger, par exemple.

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La circulation est notamment interdite sur les trottoirs et seuls les sentiers polyvalents, les pistes cyclables et les routes où la limite de vitesse est de 50 km/h peuvent être employés sur une trottinette électrique.

APPRENDRE DES MAUVAISES EXPÉRIENCES

Au moment de débattre sur l’introduction des trottinettes électriques en libre-service, ce ne sont pas les exemples qui manquaient pour dissuader les élus de la Ville d’Ottawa d’aller de l’avant.

À 200 km de là, l’hôtel de ville de Montréal venait tout juste d’interrompre prématurément son expérience avec le service puisqu’une grande majorité d’utilisateurs laissaient les petits véhicules dans des endroits non appropriés, ce qui devient parfois un enjeu pour les personnes à mobilité réduite.

Le Royaume-Uni a de son côté interdit les trottinettes électriques de toutes les rues, trottoirs et pistes cyclables il y a quelques années, mais a récemment assoupli ses règles pour permettre la présence des véhicules en libre service puisque l’activité est jugée compatible avec la distanciation physique en période de pandémie.

L’administration de la municipalité s’était toutefois informée du résultat des expériences avant de présenter le projet pilote aux élus. L’initiative ottavienne est également adaptée aux constats réalisés par d’autres villes à travers le monde.

La circulation est notamment interdite sur les trottoirs et seuls les sentiers polyvalents, les pistes cyclables et les routes où la limite de vitesse est de 50 km/h peuvent être employés sur une trottinette électrique.

Tous les véhicules doivent également être munis d’un système de géolocalisation qui fait arrêter la trottinette lorsqu’elle circule à l’extérieur de la zone permise au centre-ville.

Les fournisseurs doivent aussi offrir des options mobiles et téléphoniques pour rapporter la présence d’une trottinette dans un emplacement indésirable. Si l’entreprise ne les déplace pas assez rapidement, la municipalité pourrait confisquer des véhicules.