La terrasse du Zak's Diner dans le marché By était très achalandée, samedi.
La terrasse du Zak's Diner dans le marché By était très achalandée, samedi.

COVID-19 : des restaurateurs à Ottawa se disent injustement pénalisés

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Dame nature ayant coopéré, les tables de plusieurs terrasses de bars et de restaurants dans le marché By à Ottawa ont trouvé preneurs sur l’heure du lunch, samedi, au lendemain de l’annonce d’une nouvelle restriction en lien avec la COVID-19 qui force les tenanciers à fermer l’intérieur de leur établissement au public pendant 28 jours. Ils doivent se limiter aux commandes pour emporter, comme lors du confinement décrété en mars, et peuvent maintenir une terrasse à l'extérieur.

Les commerçants rencontrés samedi ont de travers dans la gorge cette mesure contraignante qui met encore une fois en péril la survie de leur entreprise.

«Je ne comprends pas vraiment pourquoi ils ferment encore les restaurants. Où sont les données qui indiquent que les restaurants sont la cause de la propagation ?», a lancé le propriétaire de plusieurs restaurants à Ottawa, dont les Zak’s et la brasserie Métropolitain, John Borsten.

Ce dernier, comme plusieurs autres restaurateurs, a martelé que les tenanciers ont fait leurs devoirs et ont investi beaucoup d’argent pour que toutes les mesures de précautions sanitaires soient en place dans leur établissement.

«J’ai l’impression qu’elles (les autorités sanitaires et gouvernementales) ne savent pas quoi faire, alors elles prennent ce genre de décisions», a-t-il ajouté.

«Financièrement, ce sera difficile puisque les revenus ne seront plus là. Le gouvernement va nous aider, mais je dois encore étudier tous les détails de cela, comme l’aide pour les loyers», a-t-il continué.

«Le problème est que nous devons encore une fois mettre à pied un paquet d’employés. C’est un problème réel pour eux alors qu’ils viennent et qu’ils repartent et qu’ils doivent se placer sur la Prestation canadienne d’urgence ou je ne sais plus trop quoi», a aussi mentionné M. Borsten.

Du côté du restaurant The King Eddy, la copropriétaire Lindzy Thompson souhaite que la météo coopère pour continuer à accueillir le plus longtemps possible ses clients sur la terrasse. Le modèle des commandes pour emporter qui a bien fonctionné durant le confinement est maintenu. Elle aussi se dit déçue par la décision de Toronto.

Aucun établissement dans le marché By a été forcé de fermer en raison d’une éclosion de COVID-19, a signalé Mme Thompson en entrevue au Droit.

«Présentement, nous avons 25 employés et nous devrons probablement descendre à la moitié de ce nombre», a-t-elle partagé.

«C’est très difficile. C’est très malheureux. Nous sommes optimistes pour l’avenir et nous allons nous battre pour passer au travers de la situation, mais nous sommes déçus qu’on nous replonge dans cette position encore une fois. On a une pensée pour tout le monde dans l’industrie», a-t-elle continué.

Les mesures annoncées vendredi par le gouvernement Ford visent à freiner la progression du virus. Elles incluent aussi la fermeture des centres de conditionnement physique et des cinémas, notamment.