Le conseiller municipal du quartier College, Rick Chiarelli.

Congé prolongé refusé pour le conseiller Chiarelli

Le conseil municipal d’Ottawa a refusé à l’unanimité une demande de congé prolongé de leur collègue Rick Chiarelli.

Absent de toutes réunions publiques à l’hôtel de ville d’Ottawa depuis le retour des vacances estivales, M. Chiarelli doit se présenter à une réunion du conseil municipal avant la fin du mois de novembre s’il veut conserver son poste. La loi provinciale prévoit qu’un élu municipal ne peut s’absenter de ses fonctions pendant plus de trois mois.

Alors qu’il commençait à faire l’objet d’allégations de comportements inappropriés à l’endroit d’employées et dans le cadre d’entrevues pour des postes à son bureau, le conseiller du quartier Collège devait présenter une demande de congé prolongé à ses collègues pour retarder son retour au travail sans risquer une destitution. La demande a été présentée au conseil municipal à la fin du mois de septembre, mais les élus avaient préféré attendre avant de statuer.

L’enjeu est revenu à l’ordre du jour mercredi matin. Rick Chiarelli a fourni à ses collègues une lettre signée par son médecin pour justifier son absence prolongée. Il aurait été victime d’une syncope le 12 octobre dernier et doit maintenir son niveau de stress au minimum au moins jusqu’au 1er décembre en raison d’enjeux avec son niveau de pression et le niveau de sucre dans son sang, selon une note signée mardi par le Dr Anees Khan et rendue publique durant la rencontre du conseil municipal.

La note rédigée par le médecin de Rick Chiarelli et partagée avec le conseil municipal.

Si la requête de M. Chiarelli avait été approuvée, les élus lui auraient accordé un congé d’une durée indéterminée comme c’est le cas dans des situations de cette nature. C’est donc dire que le conseiller du quartier Collège aurait techniquement pu s’absenter jusqu’à la fin du présent mandat dans trois ans.

Le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, croit qu’il n’avait pas des informations suffisantes sous la main pour approuver un tel congé.

« On n’a pas d’information claire qui nous dit que le congé médical est un besoin. Même dans la lettre du médecin ne détaille pas sa condition ni pourquoi, physiquement, le collègue n’est pas capable de venir au travail », clame M. Fleury.

Ce dernier, ainsi que l’élu de Rideau-Goulbourn, Scott Moffatt, la situation de M. Chiarelli n’est en aucun temps comparable à celle de la conseillère Diane Deans à qui le conseil a accordé un congé prolongé en septembre dernier. Atteinte d’un cancer aux ovaires, les deux élus soulignent que Mme Deans a fait preuve de transparence dès le départ et que son état de santé précaire ne faisait aucun doute.

M. Moffatt se trouve dans une situation particulière puisqu’il a hérité d’une partie des responsabilités de Rick Chiarelli — en compagnie du conseiller de Kanata Sud, Allan Hubley. Il estime que les citoyens du quartier Collège ont besoin d’un représentant à temps plein à la table du conseil.

Une consultation publique s’est récemment tenue sans la présence d’un élu dans ce quartier puisque MM. Moffatt et Hubley devaient assister à un événement dans leur quartier respectif le même soir.

« C’est intenable qu’un conseiller représente deux quartiers pendant le reste du mandat, même si nous partageons à deux les responsabilités de mon collègue », a indiqué M. Moffatt au conseil mercredi matin.

Mathieu Fleury et Scott Moffatt ont tous deux indiqué que leur décision sur l’octroi d’un congé n’a pas été teintée par les allégations dont fait l’objet Rick Chiarelli.

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Un nouveau témoignage contre Chiarelli

Un nouveau reportage sur des gestes inappropriés de M. Chiarelli a été diffusé tôt mercredi matin par CBC Ottawa. Une 13e femme a contacté CBC Ottawa pour dénoncer des gestes inappropriés du conseiller. 

Une ex-employée au bureau de l’élue du quartier Collège, Brittany Lees, raconte qu’il s’était présenté à plusieurs reprises à son lieu de travail, dans une succursale du Village des Valeurs, avant de lui offrir un emploi en 2015. 

Deux mois après avoir commencé ce nouveau travail, Rick Chiarelli aurait amené la jeune femme en voyage d’affaires à Montréal où, de façon similaire aux témoignages d’autres ex-employées, l’élu lui aurait présenté une robe révélatrice. Il souhaitait qu’elle l’enfile pour entrer dans un bar afin de « recruter des bénévoles », poursuit CBC Ottawa.

Environ 18 mois après son entrée en poste, la jeune femme a démissionné. Elle affirme à CBC qu’elle vivait de l’anxiété en raison de son travail au bureau de M. Chiarelli et qu’elle a pris 100 livres pendant qu’elle travaillait pour le conseiller.

L’élu l’aurait contacté en juillet pour lui offrir de revenir travailler pour lui. 

Au fil de la conversation, elle lui aurait mentionné qu’elle avait perdu tout le poids pris pendant qu’elle travaillait pour lui. Il lui a alors demandé si la taille de sa poitrine a été affectée par cette perte de poids, a raconté l’ex-employée à CBC Ottawa.

Le maire Jim Watson a réitéré mercredi son dégoût pour les gestes reprochés à Rick Chiarelli. 

Il rappelle toutefois que le commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa mène une enquête.

« Malheureusement, il pourrait seulement se présenter au début d’une réunion et quitter rapidement pour avoir droit à trois autres mois d’absence. J’espère que ce n’est pas ce qu’il fera, ça serait très frustrant pour nous et pour le public. »