La population devrait croître d'environ 40% d'ici 2046 à Ottawa.
La population devrait croître d'environ 40% d'ici 2046 à Ottawa.

Concilier croissance démographique et environnement, le casse-tête de la Ville d’Ottawa

La Ville d’Ottawa fait face à un défi énorme de conciliation dans l’élaboration de son prochain Plan officiel : prévoir une croissance de population de 400  000 personnes — et les 195  000 unités à construire pour les loger — en plus de répondre à l’urgence climatique déclarée par le conseil municipal l’an dernier.

La solution la plus simple pour accueillir cette croissance de population d’environ 40 % d’ici 2046 serait de prévoir les nouvelles constructions sur des terrains vacants. Comme plusieurs d’entre eux sont situés dans les secteurs ruraux et en banlieue, ça mènerait inévitablement à de l’étalement urbain.

« Nous savons grâce à des gens comme le Commissaire à l’environnement de l’Ontario et des organisations comme la Fédération canadienne des municipalités que l’étalement est un tueur du climat. C’est incompatible avec des actions fortes et rigoureuses contre les changements climatiques », souligne le directeur général d’Écologie Ottawa, Robb Barnes.

Trois scénarios

Les services municipaux proposent trois scénarios dans un rapport qui sera présenté aux Comités de l’urbanisme et au Comité de l’agriculture et des affaires rurales le 11 mai.

L’option du statu quo consiste à conserver la cible actuelle de densification, ce qui signifie que 45 % des nouveaux logements seraient construits en zone bâtie et que « les 55 % de croissance restante auraient lieu dans les zones vertes et nécessiteraient une expansion urbaine d’environ 1930 à 2230 hectares bruts », écrit dans ce rapport le directeur du développement économique et de la planification à long terme, Don Herweyer.

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Le deuxième scénario serait de prévoir un taux de densification de 100 %, donc l’ensemble des nouvelles résidences seraient construites dans les zones bâties.

M. Herweyer et son équipe recommandent toutefois la troisième option qu’ils appellent « le scénario équilibré ». Sur une période de 28 ans, 51 % de croissance résidentielle viendrait de zones bâties. Il faudrait également une expansion urbaine d’environ 1350 à 1650 hectares bruts dans les zones vertes.

Le conseiller et président du Comité de l’agriculture et des affaires rurales, Eli El-Chantiry

Terres agricoles

Le conseiller et président du Comité de l’agriculture et des affaires rurales, Eli El-Chantiry, se réjouit d’abord et avant tout que le scénario recommandé par l’administration ne touche pas aux terres agricoles sur le territoire de la capitale fédérale.

« C’est la direction que nous avons donnée à l’administration dès le début du processus. […] Ils ont pris ce message au sérieux, soutient M. El-Chantiry. J’ai tenu quelques assemblées publiques dans les derniers mois et les fermiers dans ma communauté sont majoritairement heureux de voir la Ville protéger nos bonnes terres agricoles et prendre au sérieux la question de la sécurité alimentaire. »