Une dizaine de commerces de prêts sur salaires et d'encaissement de chèques sont présents sur le chemin de Montréal.

Commerces d'avances de fonds : vers un resserrement des règles

La Ville d'Ottawa fait un pas de plus pour serrer la vis aux commerces de prêts sur salaires et d'encaissement de chèques, qui pullulent depuis quelques années un peu partout sur le territoire de la capitale fédérale, en particulier dans des secteurs plus défavorisés comme Vanier.
Une motion à cet égard, présentée par le conseiller municipal Mathieu Fleury, a été adoptée à l'unanimité par le conseil municipal mercredi. Elle consiste à modifier le règlement de zonage afin de limiter le nombre de ces entreprises, entre autres, en établissant une distance à respecter entre chaque adresse dans le but d'empêcher que les Money Mart, Cash Money, Western Union et compagnie s'implantent en grand nombre dans un secteur donné. 
Uniquement sur un court tronçon du chemin de Montréal, plus d'une dizaine de ces commerces dont les taux d'intérêt sont jugés exorbitants ont pignon sur rue, selon M. Fleury, qui espère renverser la tendance ou du moins mettre un frein à leur expansion. En raison des droits acquis, il est impossible de forcer les établissements déjà en activité de fermer boutique.
« C'est le plus haut taux par personne à travers l'Ontario », lance-t-il, rappelant que les gens qui ont recours à de tels services finissent souvent par être entraînés dans un cercle vicieux. 
Les autres secteurs où ces commerces sont présents en forte densité sont la rue Bank, le boulevard St-Joseph à Orléans et le chemin Merivale. 
L'élu, qui a participé à l'élaboration de la nouvelle loi provinciale 59, laquelle accorde davantage de pouvoir aux villes pour encadrer la prolifération des entreprises d'avance de fonds, croit que la nouvelle réglementation municipale devrait entrer en vigueur le printemps prochain si tout se passe comme prévu. 
« L'objectif, c'est de spécifier où ce type d'usage serait permis. Ça permettrait aussi que dès que l'un d'entre eux ferme, on ne leur permettrait pas de rouvrir. On pourrait aussi les éloigner des zones où il y a des enjeux socio-économiques ou des écoles, par exemple. C'était important pour moi, car les municipalités n'ont pas beaucoup d'autorité au niveau du zonage pour contrôler les types d'emplacements. On en a eu pour les bars de danseuses, par exemple, avec lesquels, oui on a des problèmes, mais pas de nouveaux. Malheureusement, dans notre zonage, on traitait les Caisses Desjardins ou la Banque Scotia, par exemple, au même niveau que les commerces de prêts sur salaires. Ça met des communautés à risque. Ces organisations-là ont ciblé des secteurs à faible revenu et s'y sont installées en grand nombre », conclut Mathieu Fleury.