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Le Cinéma ByTowne
Le Cinéma ByTowne

Cinéma ByTowne: le conseiller Cloutier regrette la fermeture

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
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Fait peu connu, le conseiller municipal Jean Cloutier est l’un des fondateurs du Cinéma ByTowne, une institution forcée de fermer ses portes en raison de la pandémie. Il nous raconte cette époque et partage ses impressions sur la fin d’une époque sur la rue Rideau.

« C’est très triste, soutient l’élu du quartier Alta Vista. Vraiment, ce qu’on perd, c’est une occasion culturelle de voir le type de films programmés par Bruce White — propriétaire du Cinéma ByTowne —, mais aussi l’environnement dans lequel les gens peuvent consommer ce divertissement. »

M. Cloutier commence son aventure dans l’industrie du cinéma avec un emploi à temps partiel comme placier au ciné Towne en 1975.

Il devient éventuellement gérant de l’établissement puis, avec son collègue Bruce White, l’achète des mains de son fondateur, Germain Cadieux.

Le chercheur indépendant en histoire, en patrimoine et en architecture franco-ontarien, Diego Elizondo, explique que M. Cadieux — père de la comédienne Anne-Marie Cadieux et de l’artiste visuelle Geneviève — traîne son amour du septième art de Montréal et fonde le Towne au début des années 70.

Dans la métropole québécoise, il a fait partie des fondateurs du Festival des films du monde (FFM). À Ottawa, il continue de partager avec le public du cinéma de répertoire et des œuvres étrangères, souligne M. Elizondo.

Conseiller municipal d’Ottawa, Jean Cloutier est un des cofondateurs du Cinéma ByTowne.

MM. Cloutier et White suivent sa trace et continuent de présenter des longs métrages « qui n’étaient pas disponibles dans d’autres cinémas axés sur les films hollywoodiens comme Star Wars et Raiders of the Lost Ark », explique le conseiller municipal.

Les partenaires saisissent une opportunité d’affaires en or quelques années plus tard.

La multinationale Famous Players veut se départir de son cinéma sur la rue Nelson qui est plus spacieux et se trouve dans un endroit plus stratégique, au centre-ville, que le Towne qui se trouvait sur l’avenue Beechwood, raconte Diego Elizondo.

« Ils ont pu ouvrir le ByTowne grâce à une erreur, ajoute le chercheur indépendant. À l’époque, Famous Players ajoutait une clause dans ses contrats de vente pour empêcher les acheteurs d’ouvrir un cinéma dans leurs anciens locaux. C’est pour ça que le centre-ville s’est vidé de ses cinémas. »

Établir ses contacts

« À l’époque, il fallait vraiment faire venir le film en 35 mm », rappelle Jean Cloutier.

Bruce White et lui développent rapidement des contacts dans des festivals comme celui de Cannes, le FFM et le jeune Festival international du film de Toronto.

« Ce qui était très profitable, c’était les lauréats de la Palme d’Or pour le film publicitaire de Cannes — aujourd’hui connu sous le nom de Festival international de la créativité —, raconte M. Cloutier. C’est vraiment ce qui nous permettait de payer quelques factures. C’était toujours devant des salles pleines, pendant plusieurs représentations. »

Ils consultent frénétiquement des revues de l’industrie pour trouver des films à présenter au public ottavien, raconte l’élu du quartier Alta Vista. Ils présentent aussi régulièrement des succès cultes comme le Rocky Horror Picture Show ou des films musicaux comme The Wall de Pink Floyd et The Song Remains the Same de Led Zeppelin.

« C’était avant l’Internet, il n’y avait pas d’autre façon de voir ces pièces d’art », souligne Jean Cloutier.